Identification

Numero CAS

330-54-1

Nom scientifique (FR)

Diuron

Nom scientifique (EN)

3-(3,4-dichlorophenyl)-1,1-dimethylurea

Autres dénominations scientifiques (FR)

1-(3,4-Dichlorophényl)-3,3-dimethylurée ; N-(3,4-Dichlorophényl)-N',N'-diméthylurée

Autres dénominations scientifiques (Autre langues)

1,1-Dimethyl-3-(3,4-dichlorophenyl)urea ; 1-(3,4-Dichlorophenyl)-3,3-dimethylurea ; 3-(3,4-Dichloor-fenyl)-1,1-dimethylureum ; 3-(3,4-Dichlor-phenyl)-1,1-dimethyl-harnstoff ; 3-(3,4-Dichlorophenyl)-1,1-dimethylurea ; 3-(3,4-Dicloro-fenyl)-1,1-dimetil-urea ; 3-(3,4-Diclorofenil)-1,1-dimetilurea ; N'-(3,4-Dichlorophenyl)-N,N-dimethylurea ; Urea, 3-(3,4-dichlorophenyl)-1,1-dimethyl- ; Urea, N'-(3,4-dichlorophenyl)-N,N-dimethyl-

Code EC

206-354-4

Code SANDRE

1177

Numéro CIPAC

100

Formule chimique brute

\(\ce{ C9H10Cl2N2O }\)

Formule chimique développée

Diuron

Code InChlKey

XMTQQYYKAHVGBJ-UHFFFAOYSA-N

Code SMILES

CN(C)C(=O)Nc1ccc(Cl)c(Cl)c1

Familles

Familles réglementaires

Familles d'usages

Classification CLP

Type de classification

Harmonisée

ATP insertion

CLP00/ATP21

Description de la classification

Classification harmonisée selon réglement 1272/2008 ou CLP

Mentions de danger
Mention du danger - Code H350
Mention du danger - Texte Peut provoquer le cancer (indiquer la voie d'exposition s'il est formellement prouvé qu'aucune autre voie d'exposition ne conduit au même danger)
Classe(s) de dangers Cancerogénicité
Libellé UE du danger -
Mention du danger - Code H373
Mention du danger - Texte Risque présumé d'effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés, s'ils sont connus) à la suite d'expositions répétées ou d'une exposition prolongée (indiquer la voie d'exposition s'il est formellement prouvé qu'aucune autre voie d'exposition ne conduit au même danger)
Classe(s) de dangers Toxicité spécifique pour certains organes cibles (exposition répétée)
Libellé UE du danger -
Limites de concentration spécifique -
Facteur M M = 100
M = 100
Estimation de toxicité aigüe -
Fiche ECHA

Généralités

Couleur

blanche

Aspect

solide

Poids moléculaire

233.10 g/mol

Tableau des paramètres

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Hydrosolubilité 35 mg.L-1 20 °C UE (2005)
Hydrosolubilité 42 mg.L-1 25 °C UE (2005)
Solubilité dans les solvants 53 g.L-1 27 °C

dans l'acétone

PubChem (2025)
Solubilité dans les solvants 1,4 g.L-1 27 °C

dans le stearate de butyle

PubChem (2025)
Solubilité dans les solvants 1,2 g.L-1 27 °C

dans le benzène

PubChem (2025)
Densité 1,37 g.cm-3
Viscosité 13,2 cP
Pression de vapeur 6.92e-8 à 3.88e-6 mm Hg
Point d'ébullition 298 à 385 °C
Point de fusion 126 à 158 °C EPA (2025)
Tension superficielle 48,1 mN/m EPA (2025)
Constante de Henry 1.51e-9 atm.m3.mol-1 EPA (2025)
Coefficient de partage octanol/eau (Log Kow) 2.67 à 2.78 - EPA (2025)
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Bibliographie

Matrices

Atmosphère

Le diuron n’est pas volatile, comme l’indique sa faible pression de vapeur et sa faible constante de la loi de Henry.

Milieu eau douce

Si le diuron est rejeté dans l'eau, il ne devrait pas s'adsorber en grandes quantités sur les matières en suspension et les sédiments étant donné une valeur de KOC relativement faible. La volatilisation à partir de la surface de l'eau devrait être négligeable d'après la constante de la loi de Henry. Par conséquent, si l'eau est le milieu récepteur, le diuron devrait surtout demeurer dans l'eau (plus de 99 %) et, à une très petite échelle, se répartir dans les sédiments (moins de 1 %) (Santé Canada, 2011)

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Coefficient de partage eau matière en suspension 14 L.kg-1

valeur maximale

UE (2005)
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Milieu terrestre

Si le diuron est rejeté dans le sol, son adsorption sur place devrait être faible à modérée, d'après une valeur relativement faible du Koc. Les propriétés du sol influent sur le degré de sorption du diuron qui, en retour, détermine la lixiviation et la contamination potentielle de l'eau souterraine. La proportion des matières organiques dans le sol produit un effet direct sur la quantité de diuron adsorbé, c'est-à-dire que la sorption du diuron augmente au fur et à mesure que la quantité de matières organiques dans le sol augmente (Alva et Singh, 1990).

La volatilisation à partir des surfaces de sol humides sera probablement minime, d’après la constante de la loi de Henry relativement faible. Le diuron ne devrait pas se volatiliser à partir des surfaces de sol sèches, en raison de sa faible pression de vapeur. Par conséquent, s'il est libéré dans le sol, il demeurera probablement dans ce milieu.

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Coefficient de partage carbone organique/Eau (Koc) 1067 L.kg-1 Expérimentation Opasnet contributors
Coefficient de partage carbone organique/Eau (Koc) 309 L.kg-1
entre 302 et 309 L/kg
UE (2005)
Coefficient de partage carbone organique/Eau (Koc) 355 L.kg-1
moyenne de valeurs expérimentales
UE (2005)
Log Koc 2.4 - Expérimentation Santé Canada (2011)
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Persistance

Biodégradabilité

SOL

La dégradation microbienne est considérée comme étant le mécanisme principal de la dissipation du sol du diuron (Tixier et al., 2000).

Dans des conditions aérobies, la dégradation du diuron commence par la déméthylation de l'atome d'azote dans le fragment urée, suivie d'une hydrolyse, produisant le N-(3,4-dichlorophényl)-N-méthylurée (DCPMU) et 3,4-dichlorophénylurée (DCPU) comme métabolites majeurs (Santé Canada, 2011 ; EFSA, 2005).

La minéralisation est généralement faible mais peut, occasionnellement, atteindre des niveaux allant jusqu'à 32 % de CO2 après 101 jours. Des résidus non extractibles s'accumulent pendant la dégradation (EFSA, 2005).

La dégradation du diuron est plus lente à des températures plus basses et dans des conditions anaérobies seul le DCPMU est le métabolite majeur (EFSA, 2005). Un métabolite déchloré mineur appelé N-(3-chlorophényl)-N-méthylurée (mCPMU) est formé (Attaway et al., 1982).

Dans les études de terrain sur plusieurs saisons, une tendance à l'adaptation du sol est observée avec une dégradation plus rapide au cours des dernières années. Le Diuron, le DCPMU et le DCPU ont un potentiel de mobilité dans le sol moyen à faible (EFSA, 2005).

EAU

Aucun test de biodégradabilité n'est disponible (EFSA, 2005).

Il existe par ailleurs des preuves solides, fondées sur les résultats des modèles de biodégradation, que le diuron ne se biodégrade pas immédiatement dans l'eau. Les trois modèles de biodégradation (BIOWIN, 2008) indiquent que la biodégradation du diuron serait lente et que sa demi-vie dans l'eau serait supérieure à 182 jours (Santé Canada, 2011).

Un test de biodégradabilité OCDE 301F a rapporté 0 % de biodégradation après 28 jours. Par conséquent, on conclut que le Diuron n’est pas facilement biodégradable (ECHA, 2024).

Dégradabilité abiotique

La photolyse et l’hydrolyse représentent des voies de dissipation mineures.

Hydrolyse

L'hydrolyse du diuron montre une forte dépendance au pH, étant relativement rapide à pH acide et stable à pH alcalin, la demi-vie est < 1 jour à pH 4 et 5 (Santé Canada, 2011 ; EFSA, 2005). Le produit de dégradation mineur est la 3,4-dichloroaniline (3,4-DCA). Les données expérimentales semblent indiquer que la demi-vie du diuron dans l’eau est probablement supérieure à 182 jours et il est donc considéré comme persistant (Santé Canada, 2011).

Photolyse

La photolyse aqueuse pourrait contribuer à la dégradation environnementale du diuron (DT50 = 43 jours d'irradiation pendant 12 heures) (Santé Canada, 2011 ; EFSA, 2005). Dans l'eau, les produits de dégradation par photolyse étaient le dioxyde de carbone (CO2) et au moins 13 produits polaires mineurs (chacun < 9 % de la quantité appliquée) (Santé Canada, 2011).

Il n'existe pas d'études de photolyse dans le sol avec le diuron (EFSA, 2005)

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Hydrolyse <1 jour

pH = 4 - 5

EFSA (2005)
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Atmosphère

Dans l’air, une valeur de demi-vie de l’oxydation atmosphérique prévue de 0,5 jour démontre que le diuron est susceptible de s’oxyder rapidement. Cette substance ne devrait pas réagir de façon notable avec d'autres espèces photooxydantes dans l'atmosphère, notamment l'O3, et elle ne devrait pas se dégrader par photolyse directe. Des réactions avec des radicaux hydroxyles devraient donc constituer le plus important processus régissant son devenir dans l’atmosphère. Sa demi-vie de 0,5 jour, résultant des réactions avec ces radicaux, permet d'affirmer que le diuron n'est pas persistant dans l'air.

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Temps de demie vie atmosphère 0.5 jour Modélisation AOPWIN (2008)
Temps de demie vie atmosphère 0.983 jour UE (2018)
Temps de demie vie atmosphère 2.9 à 3.1 Heure Calcul ECHA (2024)
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Milieu eau douce

Dans les systèmes aquifères et sédimentaires, aucun métabolite ne se forme à des niveaux significatifs, ni dans l'eau ni dans les sédiments. Le diuron a été adsorbé relativement rapidement par les sédiments. Dans l’ensemble du système, le diuron était modérément à hautement persistant (EFSA, 2005).

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Temps de demie vie eau douce 90 jour UE (2005)
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Milieu eau de mer

Thomas et al. (2002) a démontré que le diuron est extrêmement persistant dans l'eau de mer, milieu où cette substance ne se biodégrade lors de l'exposition à une lumière constante pendant plus de 42 jours. De plus, la photodégradation du diuron dans l'eau de mer naturelle sous les rayons ultraviolets du soleil semble être limitée (Okamura, 2002).

Milieu sédiment marin

Des expériences effectuées dans des sédiments marins indiquent que le diuron est sujet à une dégradation primaire plus rapide en conditions anaérobies. Lors d'un essai de plus de 42 jours, environ 45 % de la substance s'est biodégradée (Thomas et al., 2003), indiquant une demi-vie de 14 jours dans ce milieu (en supposant que la dégradation du diuron suit un modèle cinétique de pseudo- premier ordre). Le principal produit de dégradation anaérobie était 1-(3,4-dichlorophényl)-3-méthylurée. Toutefois, les deux essais sur le terrain et expériences en laboratoire démontrent que le diuron tend peu à se répartir dans le matériel sédimentaire. La colonne d'eau est ainsi le principal milieu d'intérêt en lien avec la persistance de cette substance dans le milieu aquatique (Santé Canada, 2011).

Milieu terrestre

Le diuron est modérément à hautement persistant dans les sols. La demi-vie moyenne de dissipation sur le terrain communément rapportée est de 75 jours, bien que ces demi-vies soient généralement très variables (DT50 comprises entre 20 et 119 jours) dans des conditions aérobies et environnementales pertinentes (20 - 25°C et 70% d'humidité) (EFSA, 2005).

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Temps de demie vie terrestre 20 - 119 jour 20 - 25 °C 70 EFSA (2005)
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Conclusion sur la persistance

Le diuron n'est pas persistant dans l'air, persistant dans l'eau. Le diuron est modérément à hautement persistant dans le sol en conditions aérobies. Les métabolites du diuron sont généralement moins mobiles que le composé d'origine (Howard, 1991).

Bioaccumulation

Organismes aquatiques

Organismes aquatiques
Nom Espèce Valeur Niveau trophique Taxon Matrice Stade de vie Effet Effet détaillé Durée d'exposition Méthode Norme / Ligne directrice Commentaire Source
Bioaccumulation BCF 14 - Calcul EPA
Bioaccumulation BCF Pimephales promelas 2 - Vertébrés Poisson 24 jours Expérimentation UE (2005)
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Conclusion sur la bioaccumulation

La valeur du log Kow du Diuron (log Kow = 2,87) et de ses principaux métabolites DCPMU (log Kow = 2,59), mCPDMU (log Kow = 1,79) et DCPU (log Kow = 2,23) indique que la substance ne se bioaccumule pas.  Aucune étude expérimentale caractérisant le potentiel de bioconcentration dans les poissons est disponible (ECHA, 2021).

Bibliographie

Toxicocinétique

Synthèse

Le diuron est rapidement et largement absorbé par le tractus gastro-intestinal. Il est métabolisé par N-déméthylation et hydroxylation du cycle et excrété principalement dans les urines dans les 24 premières heures. Les principaux métabolites détectés dans le sang et l'urine sont la 3-(3,4-dichlorophényl)-1-méthylurée, la 3-(3,4-dichlorophényl)urée et la 3,4-dichloroaniline (ECHA, 2020, 2024 ; EFSA, 2005 ; NHMRC, 2011)

Toxicité aiguë

Chez l'animal

Le diuron présente une faible toxicité aiguë par voie orale et cutanée chez le rat. Il ne s'agit pas d'un sensibilisant cutané.

Toxicité aiguë
Nom Espèce Valeur Effet Stade de vie Durée d'exposition Méthode Voie d'administration Source d'exposition Norme / Ligne directrice Commentaire Source
LC50 Rat 7.1 mg.L-1 4H

Exposition de poussières

EFSA (2005)
NOAEL Rat 0.0041 mg.L-1 - EFSA (2005)
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Toxicité à doses répétées

Effets généraux

Chez l'animal

Des études par voie orale à long terme ont été menées sur des souris, des rats et des chiens. Ces études ont fait état d'une anémie hémolytique à 3,1 mg/kg de poids corporel/jour et plus dans une étude canine de 2 ans. D'autres observations ont été faites, notamment une augmentation du taux d'enzymes hépatiques et du poids des organes, ainsi que des modifications histologiques du foie, de la rate et des reins, chez les rats à 1 mg/kg de poids corporel/jour et chez les chiens à 7,5 mg/kg de poids corporel/jour et plus.

Effets généraux
Nom Espèce Valeur Effet Stade de vie Durée d'exposition Méthode Voie d'administration Source d'exposition Norme / Ligne directrice Commentaire Source
LOAEL Rat 1 mg.kg-1.j-1 2 ans

Rats males

EFSA (2005)
LOAEL Rat 1.7 mg.kg-1.j-1 2 ans

rats femelles

EFSA (2005)
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Effets cancérigènes

Chez l'animal

L'étude à long terme chez les rats a signalé une incidence accrue de tumeurs dans l'épithélium de la vessie ; cependant, le développement de ces tumeurs chez les rats semble être lié aux changements de pH urinaire résultant de l'alimentation des rats avec un régime alimentaire spécifique pour rats, plutôt qu'au diuron seul, et ne sont donc pas considérés comme pertinents pour les humains.

Effets génotoxiques

Chez l'animal

Le diuron n'est pas considéré comme génotoxique, sur la base d'études in vitro et in vivo à court terme.

Effets sur la reproduction

Chez l'animal

Une étude de reproduction chez le rat avec du diuron n'a signalé aucun changement dans les paramètres de reproduction.

Effets sur le développement

Chez l'animal

Des études de toxicité sur le développement chez le rat et le lapin ont signalé une diminution du poids corporel du fœtus uniquement à des doses supérieures aux doses maternotoxiques.

Valeurs réglementaires

Valeurs réglementaires
Nom Valeur Source Commentaire Effet critique retenu Etat du statut Durée d'exposition Milieu Source d'exposition Facteur Contexte de gestion Age-Dependent Adjustments Factors ADAF - Tranche d'âge ADAF - Valeur ADAF - URL
VLEP 8h 10 mg.m-3 INRS (2024)
Valeur limite admise (circulaire)
Final Air Lieux de travail
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Valeurs de référence

Valeurs de l'ANSES et/ou de l'INERIS

Valeurs de l'ANSES et/ou de l'INERIS
Nom Valeur Organisme choix Année du choix URL choix Source Commentaire Effet critique retenu Etat du statut Durée d'exposition Milieu Source d'exposition Facteur Contexte de gestion Age-Dependent Adjustments Factors ADAF - Tranche d'âge ADAF - Valeur ADAF - URL
ADI 7 µg.kg-1.j-1 Anses 2016 https://www.anses.fr/fr/content/etude-de-l%E2%80%99alimentation-totale-infantile EFSA (2005)

Diuron (sum)

Final Eau
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Autres valeurs des organismes reconnus

Autres valeurs des organismes reconnus
Nom Valeur Source Commentaire Effet critique retenu Etat du statut Durée d'exposition Milieu Source d'exposition Facteur Contexte de gestion Age-Dependent Adjustments Factors ADAF - Tranche d'âge ADAF - Valeur ADAF - URL
ARfD 0.016 mg.kg-1.j-1 EFSA (2005) Acute maternal effects 100
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Bibliographie

Dangers

Valeurs de danger

Valeurs de danger
Nom Espèce Valeur Niveau trophique Taxon Matrice Stade de vie Effet Effet détaillé Durée d'exposition Méthode Norme / Ligne directrice Commentaire Source
CL/CE50 0.0019 mg.L-1 Algue UE (2005)
CL/CE50 1.4 mg.L-1 Invertebré UE (2005)
CL/CE50 6.7 mg.L-1 Poisson UE (2005)
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Valeurs écotoxicologiques

Introduction

Dans cette rubrique, sont reportées des valeurs de référence pour la protection des écosystèmes aquatiques et de la santé humaine via l’environnement.

Elles peuvent avoir un statut de « Valeur réglementaire » si elles sont issues

  1. de réglementations européennes et issues par exemple de dossiers d’évaluation des risques dans le cadre de processus d’autorisation de mise sur le marché des substances chimiques (c’est le cas des Concentrations Prédites Sans Effet pour l’environnement (PNEC) issues des dossiers réglementaires sous REACh ou dans le cas de la réglementation des produits biocides) ou issues de « Normes de Qualité Environnementale » (NQE) de la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) ;
  2. de réglementations françaises telles que les arrêtés de mise en application de la DCE à l’échelle nationale.

Elles peuvent être des « Valeurs guides » lorsque ce sont des propositions scientifiques de l’INERIS qui ne sont pas reportées dans des textes réglementaires. C’est le cas de toutes les valeurs établies par l’INERIS pour guider l’évaluation de la qualité des milieux aquatiques pour les substances qui n’ont pas, ou pas encore, un statut réglementaire dans le contexte de la DCE.
Les « Valeurs Guides Environnementales » (VGE) et les « Normes de Qualité Environnementale » (NQE) sont les outils consacrés pour l’évaluation de la qualité des eaux de surface, dont l’établissement est basé sur une même méthodologie européenne dédiée (E.C., 2018).
Leur construction, d’un point de vue méthodologique, est donc similaire.

Valeurs guides

Valeurs guides
Nom Valeur Matrice Cible Effet critique retenu Durée d'exposition Facteur Commentaire Etat du statut Valeur retenue par l'INERIS Année Source
PNEC chronique 0.0002 mg.L-1 Eau marine

Norme de qualité marine. Les espèces marines et d'eau douce ont une sensibilité à cette substance comparable. Aussi, NQ marine = NQ eau douce. - extrapolation

Oui 2005 UE (2005)
PNEC chronique / AA-QSwater_eco 0.0002 mg.L-1 Eau douce 10

Norme de qualité (NQ) pour l'eau douce (directive cadre eau). La norme de qualité environnementale globale = 0.2 µg/L. - extrapolation

Oui 2005 UE (2005)
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Valeurs réglementaires

Valeurs réglementaires
Nom Valeur Matrice Cible Effet critique retenu Durée d'exposition Facteur Commentaire Etat du statut Valeur retenue par l'INERIS Année Source
MAC 1.8 µg.L-1 Eau douce Oui 2013 UE (2013)
MAC 1.8 µg.L-1 Eau marine Oui 2013 UE (2013)
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Bibliographie

Introduction

Le diuron est une substance de synthèse appartenant à la famille des urées substituées.

Utilisé par le passé comme herbicide, le diuron est désormais principalement employé comme biocide dans le secteur du bâtiment afin de prévenir la croissance d'algues et de mousses sur les façades et toitures. Probablement dans une moindre mesure, le diuron peut faire office d’agent de réticulation pour la production de caoutchouc, ainsi que de durcisseur et accélérateur de réaction dans la synthèse des résines époxy. 

En 2024, la bande de tonnage du diuron reflétant la quantité annuelle fabriquée/importée de cette substance en Europe (dans le cadre de la Règlementation Européenne REACH) était comprise entre 100 à 1000 tonnes.

L'utilisation de diuron dans les produits phytosanitaires est interdite depuis 2008, entraînant une chute de ses ventes qui s’élevaient à 59kg en 2023. 

L'utilisation du diuron en tant que biocide est réglementée en Europe. Il convient toutefois de noter que cette substance fait actuellement l'objet d'une évaluation dans le cadre du Règlement Biocides, et qu’à ce titre, les produits du secteur du bâtiment qui en contiennent bénéficient d'un régime transitoire. Réservés au milieu professionnel pour ce qui concerne l’usage biocide (en raison de son classement CLP carcinogène 1B), les autres emplois du diuron sont soumis à la réglementation REACH (par exemple pour la synthèse de résines époxy) et ne sont actuellement pas contraints par des restrictions d’usage. 

Les émissions de diuron font l'objet d'une surveillance en France : des seuils de rejets pour les installations classées (ICPE) et les stations de traitement des eaux usées (STEU) ont été établis.

Les émissions de diuron dans les eaux proviennent principalement de certains matériaux de construction : lors d’évènements pluvieux, le lessivage des façades et toitures peut transférer le diuron via les eaux de ruissellement soit directement vers les cours d’eau soit vers une station d’épuration. Notons que les traitements de nombre de ces stations ne sont pas significativement efficaces pour réduire les émissions de diuron et dans ces conditions ce biocide peut atteindre les eaux de surface.

En France, les nombreuses mesures de diuron et de ses métabolites, effectuées entre 2013 et 2022 dans les eaux, les sédiments et les matières en suspension mettent en évidence une présence relativement faible (moins de 1 % des mesures dans les eaux dépassant la NQE) mais stable au fil des années.

Afin de limiter son impact sur les milieux aquatiques, le diuron est inscrit parmi les substances prioritaires pour la qualité de l'eau dans l'Union européenne (Directive Cadre sur l’Eau) et fait également partie des substances surveillées dans les eaux de surface et souterraines.

Certaines technologies avancées de traitement de l'eau, comme l'ozonation, l'adsorption sur charbon actif ou la filtration par membrane pourraient permettre d’éliminer le diuron, atteignant des rendements de plus de 90%.

Des biocides alternatifs au diuron sont disponibles sur le marché et des solutions biosourcées alternatives au diuron issues d’huiles essentielles ou de microalgues sont en cours de développement. Certaines de ces alternatives peuvent également présenter des dangers pour l’environnement et la santé.

L’encapsulation du diuron qui permettrait de libérer lentement la substance, pourrait aussi limiter son impact, bien que cette solution présente des risques liés à la diffusion de microplastiques.

La réduction des émissions de diuron peut aussi s’opérer grâce à l’emploi de matériaux ou produits alternatifs tels que les peintures minérales à base de silicates, les briques clinker, les enduits à base de résine de silicone…

 

Abstract

Diuron is a synthetic substance that belongs to the family of substituted ureas.

Used in the past as an herbicide, diuron is now mainly employed as a biocide in the building industry to prevent the growth of algae and fungal growth on facades and roofs. Probably to a lesser degree, diuron can be used as a cross-linking agent in rubber production, and as a hardener and reaction accelerator in the synthesis of epoxy resins. 

In 2024, the tonnage band for diuron reflecting the annual quantity manufactured/imported of this substance in Europe (under REACH) was between 100 and 1000 tons.

The use of diuron in plant protection products has been banned since 2008, leading to a fall in sales to 59kg in 2023.

The use of diuron as a biocide is regulated in Europe. It should be noted, however, that this substance is currently under evaluation, and as such, building products containing it benefit from a transitional regime. Restricted to the professional environment for biocidal use (due to its CLP classification as carcinogen 1B), other uses of diuron subject to REACH regulations (e.g. epoxy resin synthesis) are not subject to strict restrictions. 

Diuron emissions are monitored in France: discharge thresholds have been set for facilities classified for environmental protection and wastewater treatment plants.

Diuron emissions into water come mainly from certain building materials: during rainy events, washing off of facades and roofs can transfer diuron via runoff water, either directly into watercourses or to a wastewater treatment plant. It should be noted that many of these treatment plants are not significantly effective in reducing diuron emissions, which means that this biocide can reach surface waters.

In France, the large number of measurements of diuron and its metabolites carried out between 2013 and 2022 in water, sediments and particles in suspension show a relatively low but stable presence over the years (less than 1% of measurements in water exceeding the EQS).

In order to limit its impact on aquatic environments, diuron is listed as a priority substance for water quality in the European Union (Water Framework Directive), and is also monitored in surface and groundwater.

Some advanced water treatment technologies, such as ozonation, activated carbon adsorption or membrane filtration, could remove diuron, achieving efficiencies of over 90%.

The alternative biocides to diuron available on the market are not exempt from environmental and health risks. Biosourced alternatives to diuron, based on essential oils or microalgae, are currently being developed.

The encapsulation of diuron, which would enable the substance to be released slowly, could also limit its impact, although this solution presents risks associated with the diffusion of microplastics.

Diuron emissions can be reduced by using alternative materials or products such as silicate-based mineral paints, klinker bricks, silicone resin-based coatings, etc.

Tableaux de synthèse

Généralités

Généralités
CAS 330-54-1
SANDRE 1177
Substance prioritaire dans le domaine de l’eau (DCE) oui
Substance soumise à autorisation dans Reach non
Substance soumise à restriction dans Reach non
Substance extrêmement préoccupante (SVHC) non
Réglementations

Les paragraphes ci-après présentent les principaux textes en vigueur à la date de la rédaction de cette fiche encadrant la fabrication, les usages et les émissions du diuron. Cet inventaire n’est pas exhaustif.

 

Textes généraux

Reach

Le diuron ne fait pas partie des substances extrêmement préoccupantes et n'est pas soumise à restriction ou autorisation selon la règlementation Reach.

Le diuron étant classé carcinogène 1B, sa vente au grand public est interdite.

Directive Cadre Eau (DCE)

Le diuron fait partie des substances prioritaires listées au niveau européen pour la politique dans le domaine de l'eau citées dans la directive 2013/39/UE du 12 août 2013 modifiant les directives 2000/60/CE et 2008/105/CE [1]. Il fait partie du programme de surveillance de l'état chimique des eaux (arrêté du 25 janvier 2010 modifié [2]).

Le programme de mesures défini conformément à la DCE par l'article R.212-19 du code de l'environnement comprend toutes les mesures destinées à prévenir l'introduction de cette substance dans les eaux de surface et les eaux souterraines.

Le 1-(3,4-dichlorophenyl)-3-methylurée (DCPMU - n°CAS 3567-62-2), métabolite du diuron, fait partie des substances pertinentes complémentaires pour la métropole à surveiller dans les eaux de surface (matrice eau) [2].

[1]
Directive 2013/39/UE du Parlement européen et du Conseil du 12 août 2013 modifiant les directives 2000/60/CE et 2008/105/CE en ce qui concerne les substances prioritaires pour la politique dans le domaine de l’eau Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE

[2] Arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme de surveillance de l'état des eaux en application de l'article R. 212-22 du code de l'environnement

 

Réglementation sectorielle

Produits phytosanitaires

En France, l’utilisation du diuron comme phytosanitaire est interdite depuis le 13 décembre 2008 [3].

Notons que dans le cadre de la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt (LAAAF) du 13/10/14, le ministère chargé de l'Agriculture peut délivrer des autorisations de mise sur le marché exceptionnelles pour toute substance phytosanitaire, ayant été interdite, d'une durée maximale de 120 jours (ces décisions sont rendues publiques sur le site du ministère durant leur période de validité).

[3] Avis du Ministère de l’agriculture et de la pêche paru au Journal officiel du 4 septembre 2007

Biocides

L’utilisation de substances actives et produits biocides est soumise en France, comme dans tous les autres États membres de l’Union européenne, au Règlement (UE) n° 528/2012 concernant la mise à disposition sur le marché et l’utilisation des produits biocides. Chaque substance active est évaluée par un Etat membre rapporteur désigné. Le rapport d’évaluation émis fait ensuite l’objet de discussions avec l’ensemble des Etats membres afin d’aboutir à une décision unique d’approbation ou de non-approbation de la substance au niveau européen. L’évaluation des demandes d’approbation des substances actives se base sur les critères d'exclusion et de substitution définis par le même Règlement (UE) n° 528/2012. Ainsi, une substance active biocide ne peut être approuvée si elle remplit l’un des critères d’exclusion listés dans l’article 5 du Règlement (UE) n° 528/2012, à savoir :

Être un agent cancérogène de la catégorie 1A ou 1B

Être un agent mutagène de la catégorie 1A ou 1B

Être une substance reprotoxique de la catégorie 1A ou 1B

Être, ou être assimilée à, un perturbateur endocrinien (cf. Annexe 6)

Être une substance persistante, bioaccumulable et toxique (PBT)

Être une substance très persistante et très bioaccumulable (vPvB)

Le diuron, enregistré en vertu de ce Règlement pour des produits de type TP7 et TP10, est en cours d’évaluation (comme la plupart des substances biocides utilisées dans les matériaux de construction TP 6, TP 7, TP 9 et TP 10). Les produits de type TP7 et TP10 en question correspondent respectivement aux produits utilisés dans le secteur de la construction pour protéger les pellicules et revêtements et aux produits de protection des matériaux de construction. A ce titre, les produits biocides contenant du diuron bénéficient du régime transitoire, ils peuvent être mis sur le marché européen dans l'attente de l'aboutissement de l’évaluation de cette substance. Si l’évaluation aboutit à une approbation, une demande d'autorisation de mise sur le marché valable en France sera nécessaire pour poursuivre la commercialisation de ces produits. Dans le cas contraire, les produits devront être retirés du marché à l'issue de délais de grâce fixés par le règlement européen. Notons que le diuron, classé Carc 1B et identifié comme perturbateur endocrinien par la Finlande [4] pourrait ainsi remplir deux critères d'exclusion.

L'emploi du diuron dans les peintures antifoulings (pour la protection des coques de bateaux) est interdit en France depuis le décret du 2 octobre 1992 (Décret n°92-1074). Le diuron était également autorisé en Europe dans les produits TP 6 (biocide de protection des produits pendant le stockage) jusqu’en 2009 et TP 21 (peinture anti-salissure pour bateau (algicide et molluscicide) : antifoulings) jusqu’en 2008 (CEREMA, 2017).

[4] Echa - Endocrine disruptor assessment list

Cosmétiques

Le diuron fait partie de la liste des substances dont l'utilisation est interdite dans tous les produits cosmétiques mis sur le marché dans l'Union européenne [5].

[5] Règlement (CE) No 1223/2009 du Parlement Européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques

 

Valeurs et normes appliquées en France

Seuils de rejets pour les installations classées et les stations de traitement des eaux usées

L'Arrêté du 31/01/08 relatif au registre et à la déclaration annuelle des émissions [6] indique que les seuils de déclaration pour le diuron sont de :

- 1 kg/an dans l'eau, 4g/jour dans l'eau,

- 10 kg/an dans le sol.

L'arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements et à la consommation d'eau ainsi qu'aux émissions des ICPE prévoit pour le diuron une valeur limite de concentration de 25 µg/l pour les eaux résiduaires rejetées au milieu naturel si le rejet dépasse 1g par jour [7].

[6) Arrêté du 31/01/08 relatif au registre et à la déclaration annuelle des émissions et des transferts de polluants et des déchets

[7] Arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements et à la consommation d'eau ainsi qu'aux émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l'environnement soumise à autorisation

Valeurs appliquées pour la qualité des eaux de consommation

L'arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine ne fixe pas de teneur maximale (annexe I), de valeur limite de qualité (annexe II), ni de valeur guide ou impérative (annexe III) pour le diuron.

La directive européenne relative aux eaux destinées à la consommation humaine fixe une limite de qualité de ces eaux à 0,10 µg/l pour le diuron et à 50 µg/l pour la somme de tous les pesticides [8].

[8] Directive (UE) 2020/2184 du Parlement Européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine

 

Autres textes

Eaux de rejet

Le diuron est concerné par l'action nationale de recherche et de réduction des rejets de stations de traitement des eaux usées urbaines (RSDE STEU), qui a pour objectif l'amélioration de l'état des milieux aquatiques, via la réduction progressive des émissions, rejets et pertes de substances dangereuses.

Au titre de la Directive Cadre sur l'Eau et des objectifs de réduction, la note technique du 29 septembre 2020 relative aux objectifs nationaux et à leur déclinaison dans les SDAGE 2022-2027 donne pour objectif une « réduction modérée » de 10% d'ici 2027 pour le diuron [9].

[9] Note technique du 29 septembre 2020 relative aux objectifs nationaux de réduction des émissions, rejets et pertes de substances dangereuses dans les eaux de surface et à leur déclinaison dans les SDAGE 2022-2027

Eaux souterraines

Au titre de l’arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme de surveillance de l'état des eaux [10], le diuron fait partie de la liste des micropolluants de l'analyse régulière du contrôle de surveillance de l'état chimique des eaux souterraines.

La Directive 2006/118/CE du Parlement Européen et du Conseil du 12 décembre 2006 sur la protection des eaux souterraines [11] fixe une limite de 0,1 µg/l dans les eaux souterraines pour le diuron en sa qualité de substance active de pesticide et de biocide. Ce seuil s’applique également aux métabolites du diuron, à savoir : le 3,4-dichlorophenylurée (DCPU - n°CAS 2327-02-8) et le 1-(3,4-dichlorophenyl)-3-methylurée (DCPMU - n°CAS 3567-62-2).

[10] Arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme de surveillance de l'état des eaux en application de l'article R. 212-22 du code de l'environnement

[11] Directive 2006/118/CE du Parlement Européen et du Conseil du 12 décembre 2006 sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration

Produits phytosanitaires dans l’alimentation humaine et animale

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixe des teneurs maximales en résidus de diuron comprises entre 0,01 et 0,05 mg/kg dans les fruits et légumes frais ou congelés, les plantes sucrières, les produits d'origine animale, les produits alimentaires marins ou d'eau douce, les produits alimentaires transformés…

 

[12] Règlement (UE) 2023/1783 de la Commission du 15 septembre 2023 modifiant les annexes II et IV du règlement (CE) no 396/2005 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les limites maximales applicables aux résidus de benzoate de dénatonium, de diurone, d’étoxazole, de méthomyl et de téflubenzuron présents dans ou sur certains produits (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)

Règlementation extra européenne Convention OSPAR

Le diuron ne fait pas partie des listes de substances de la convention OSPAR.

Convention de Rotterdam

La Convention de Rotterdam est une convention internationale qui impose à tout pays signataire prévoyant d’exporter certaines substances d’informer les pays importateurs et d’obtenir leur permission.

Le diuron ne fait pas partie de la liste des produits chimiques soumis à la procédure de notification d’exportation du règlement concernant les exportations et importations de produits chimiques dangereux [13]

[13] Règlement (UE) n ° 649/2012 du Parlement européen et du Conseil du 4 juillet 2012 concernant les exportations et importations de produits chimiques dangereux

 

 

Classification CLP Voir la classification CLP

Production et utilisation

Production et ventes

Données économiques

En Europe, trois fournisseurs ou importateurs ou producteurs de diuron (Lanxess, Schirm et Isochem) ont enregistré cette substance au titre de REACH (ECHA, 2024).

En France, les seuls usages présents ou passés identifiés du diuron sont les suivants :

  • Biocide dans le secteur du bâtiment ;

  • Agent de réticulation pour la production de caoutchouc ;

  • Durcisseur et accélérateur pour la synthèse de résines époxy

  • Herbicide dans le cadre agricole et/ou d’entretien des voiries et espaces verts ;

  • Biocide comme composant de peintures antifouling.

Notons que l'utilisation du diuron comme herbicide et comme biocide dans les peintures antifouling n'est plus autorisée.

Il est difficile d'estimer la part de consommation dans chacun des trois seuls emplois autorisés compte tenu de l'incertitude portant sur la consommation de diuron pour la production de caoutchouc (le diuron est enregistré au titre du règlement REACH et est fabriqué et/ou importé dans l'Espace économique européen à raison de ≥ 100 à < 1 000 tonnes par an a priori pour cette utilisation).

Phytosanitaires

Pour mémoire, l'utilisation du diuron pour la formulation de produits phytosanitaires est interdite depuis le 01/12/2007 (cf. rubrique réglementation). L'impact de cette réglementation se reflète dans les ventes de diuron : en 2008 ces dernières s'élevaient à 140 000 kg alors qu’en 2009 elles étaient de l’ordre de 400kg. Depuis 2014 les ventes annuelles de diuron en France n'ont pas excédé 164 kg (cf. Figure ci-dessous) (BNV-d [1]). Il existe un manque d’information quant à la raison des ventes récentes de diuron : il pourrait s'agir d'achats effectués par des particuliers en France ou par des professionnels qui se seraient fournis à l'étranger (peut-être lors d'une éventuelle période de dérogation de 120 jours délivrée par leur préfecture (cf. rubrique réglementation)).

Figure 1. Ventes de diuron à usage phytosanitaire en France entre 2014 et 2023 (Source BNV-d)
Figure 1. Ventes de diuron à usage phytosanitaire en France entre 2014 et 2023 (Source BNV-d)

D'après les données de la BNV-d, la vente de produits phytosanitaires à base de diuron n’est pas homogène sur le territoire. Pour autant, aucune région ne semble centraliser l’utilisation de ces produits sur la durée.

[1] Mise en place en 2009, la BNV-d (Banque nationale des ventes de produits phytosanitaires pour les distributeurs) est la base de données qui rassemble les informations déclarées par les distributeurs de produits phytosanitaires suite à la mise en place de la redevance pour pollutions diffuses. Cette redevance répond aux exigences de la loi sur l'eau de décembre 2006

Ventes des biocides

D'après le site BioCID, en 2023, sept sociétés commercialisaient 39 produits biocides TP7 et/ou TP10 contenant du diuron (cf. Tableau ci-dessous), un tiers des produits étant commercialisés par l'entreprise THOR. Pour mémoire, les produits TP7 et TP10 correspondent respectivement aux produits utilisés pour protéger les pellicules et revêtements et aux produits de protection des matériaux de construction.

Comme illustré par la figure ci-dessous, les produits TP7 et les produits TP7/TP10 représentent en 2023 respectivement près de la moitié et 41% de l'offre (les produits TP10 étant nettement moins présents sur le marché français avec 10% de l'offre).

 

Figure 3. Répartition des Types de Produits (TP) parmi les produits biocides contenant du diuron (%) (Source : BioCID)
Figure 3. Répartition des Types de Produits (TP) parmi les produits biocides contenant du diuron (%) (Source : BioCID)

 

Tableau 1 : Synthèse des sociétés commercialisant en France des produits biocides comportant du diuron en 2023 (Source : BioCID)
 GRUPO LAMIRSA (LAMIRSA / VEDEQSA)ISPLA CELTIQUE INDUSTRIELLELANXESSSANITIZED (Europe)THORVink Chemicals GmbH & Co. KGTotal

TP07

Produits utilisés pour protéger les pellicules et revêtements

72 115319

TP07, TP10

Produits utilisés pour protéger les pellicules et revêtements et produits de protection des matériaux de construction

   8 8 16

TP10

Produits de protection des matériaux de construction

  4    4
Total7249113339

En 2023, six groupes commercialisent sur le marché français des produits TP7 contentant du diuron (au nombre de 19) : GRUPO LAMIRSA, ISP, LANXESS, SANITIZED (Europe), THOR et Vink Chemicals (les sociétés GRUPO LAMIRSA et THOR proposant le plus grand nombre de produits).

L'offre des seize produits TP07/TP10 est répartie à parts égales entre deux sociétés à savoir THOR et LANXESS.

En 2023, les produits TP10 (au nombre de quatre) sont commercialisés par une seule société, à savoir la CELTIQUE INDUSTRIELLE. Cette société a stoppé la mise sur le marché de ces produits à partir du 31/12/23 car ces derniers comptent dans leur formulation la Carbendazime (numéro CAS : 10605-21-7), une substance dont l'autorisation d'utilisation prendra fin le 31 janvier 2025. Pour cette même raison, dix produits des groupes GRUPO LAMIRSA, ISP, THOR et LANXESS ne seront plus commercialisés à compter du 30 juillet 2025 (huit produits TP7 et 2 produits TP7, TP10).

[2] Cogéré par le Ministère de l’Environnement et l’Anses, BioCID est un site internet qui permet aux industriels de remplir plusieurs obligations réglementaires dont la déclaration des quantités de produits biocides mises sur le marché au cours de l’année précédente (https://biocid-anses.fr/biocid#)

Procédés de production

Le diuron est produit par réaction de l'isocyanate de 3,4-dichlorophényle avec la diméthylamine (Muller, 2011).

En 1980, le Pesticide Manufacturing and Toxic Materials Control Encyclopedia indiquait que la réaction amine-isocyanate s'effectuait sans catalyseur en mélangeant d'abord l'isocyanate avec un solvant inerte (toluène, anisole, benzène, chlorobenzène ou dioxane) à température ambiante pour l’augmenter dans la plage de 25 à 75 °C (cette réaction est exothermique et il n'est généralement pas nécessaire de fournir de la chaleur). Les produits de l'urée tri-substituée sont généralement assez insolubles dans le solvant utilisé et, par conséquent, précipitent dès qu'ils sont formés et sont facilement séparés du milieu réactionnel (Sittig, M. Ed., 1980).

Noms commerciaux

Les sites ECHA CHEM et BioCID relèvent les noms commerciaux suivants pour le diuron :  Preventol A6, Diuron technical, ALGON P POWDER.

Utilisations

Introduction (varitétés d'utilisations)

La réglementation afférente au diuron limitant de facto son utilisation phytosanitaire et son emploi dans les peintures antifouling, l'usage premier du diuron est donc celui d'un biocide destiné aux revêtements et enduits et celui d'agent de réticulation/durcisseur/accélérateur pour la synthèse de caoutchoucs et de résines époxy.

Revêtements et produits de protection des matériaux de construction

Le diuron doit son utilisation dans le secteur de la construction et des revêtements à sa capacité à entraver la photosynthèse des plantes photosynthétiques, son rôle est par conséquent d’éviter l’apparition et la propagation de mousses et d'algues sur les surfaces traitées ou construites. Outre le désagrément esthétique, ces végétaux peuvent notamment diminuer la vitesse d'écoulement de l'eau de pluie sur les toitures, et augmenter la porosité des matériaux.

Dans le cadre du règlement européen Biocide UE n°528/2012, les préparations contenant une ou plusieurs substances biocides sont classées en fonction de leur usage : TP1 pour l’hygiène humaine, TP3 pour l’hygiène vétérinaire ( (Type de Produits - TP) … En 2023, les produits contenant du diuron sont répartis d’après la base BioCID comme suit :

  • 19 produits TP7 - Produits de protection pour les pellicules et revêtements (peintures, vernis, adhésifs, colles...)

  • 4 produits TP10 - Produits de protection des matériaux de construction (enduits, toitures, métaux...)

  • 16 produits TP7/TP10 - Produits alliant protection pour les pellicules et revêtements et pour les matériaux de construction

Au total, le diuron est présent dans 35 produits de protection pour les pellicules et revêtements (TP7) et dans 20 produits de protection des matériaux de construction (TP10).

D'après le site BioCID [1], les concentrations massiques de diuron dans ces produits sont comprises en 2024 entre 0,06 et 100 %. BioCID dénombre huit produits commerciaux comportant le diuron pour seule substance active biocide, les autres produits commerciaux contenant une à quatre autres substances actives : l’octylisothiazolinone (OIT, n° CAS 26530-20-1), la carbendazime (n° CAS 10605-21-7), le pyrithione de zinc (n° CAS 13463-41-7), l'IPBC (n° CAS 55406-53-6) et la terbutryne (n° CAS 886-50-0). Parmi ces substances seule la terbutryne est un herbicide (comme le diuron), les autres composés ayant une action fongicide.

[1] BioCID est un site internet géré par l'Anses répertoriant les produits biocides déclarés sur le marché français (https://biocid-anses.fr/biocid#)

Produits de protection pour les pellicules et revêtements (TP7)

D'après le site BioCID, les produits classés TP7 contenant du diuron mis sur le marché en 2024 sont quasiment tous polyvalents : ils peuvent être employés pour la protection des peintures et des vernis et pour la protection des adhésifs, colles, enduits et papiers (la répartition des produits en fonction de leur usage est décrite dans le tableau ci-dessous). En 2023, le marché des produits TP7 compte 340 produits employés par les professionnels pour la protection des peintures et des vernis et pour la protection des adhésifs, colles, enduits et papiers. Parmi ces produits, 35 comportent du diuron (soit 10% de l'offre du marché).

Tableau 1. Répartition des produits TP7 contenant du diuron en fonction de leurs usages
UsagesNombre de produits commerciaux  
Protection des peintures et des vernis6 
28
Protection des adhésifs, colles, enduits, mastics et papiers 1

Le site BioCID indique que la concentration massique de diuron dans ces produits est comprise entre 2,5 et 100% (lorsque la concentration de diuron s'élève à 2,5%, ce dernier est associé à un autre herbicide, à savoir la terbutryne), la concentration moyenne s'élevant à 26%.

Nous n'avons pas relevé de corrélation entre les formulations et les usages. Ainsi, chaque produit peut revendiquer des usages différents d'autres produits de même formulation et posséder les mêmes usages que d'autres produits alors que leurs formulations diffèrent (nous entendons par « formulation » la combinaison de substances actives biocides en excluant les coformulants pour lesquels nous n’avons pas d’informations). Notons cependant que dans le cas où la concentration en diuron est la plus faible (2,5%), le produit en question ne peut alors être employé que pour protéger les peintures et vernis (cf. Tableau ci-dessous). Les combinaisons de substances actives biocides les plus répandues pour la formulation de produits TP7 (comportant du diuron) sont les suivantes : diuron seul, diuron / OIT / Pyrithione de zinc et diuron / OIT / Carbendazime [2].

[2] l'autorisation d'utilisation de la carbendazime prenant fin le 31 janvier 2025, la mise sur le marché de ces produits sera prochainement stoppée

Tableau 2. Formulations / Usages des produits TP7 contenant du diuron
Nombre de produitsConcentration diuron (% m/m)UsagesAutres substances actives
TotalTP7TP7/TP10Protection des peintures et des vernis Protection des adhésifs, colles, enduits, mastics et papiersOITCarbendazimeIPBCPyrithione de zincTerbutryne
826 17,4 - 100XX     
853 10 - 15XXX  X 
862 18 - 22XXXX   
31210X X X  
2 29X   X  
11 20 XXX   
11 2,5X X  XX
11 20XX  XX 
11 20XX X   
1 110XXX    
11 14XXX X  

Produits de protection et des matériaux de construction (TP10)

Parmi tous les produits TP10 (contenant ou non du diuron) recensés par le site BioCID en 2023, 20 produits comportent du diuron sur un total de 794, ce qui représente 2,5% du marché. Plus du tiers de ces produits à base de diuron sont polyvalents : ils peuvent être employés pour tous les usages TP10 envisageables : protection des métaux (dont le fer et l'aluminium), toitures, murs, façades (produits préventifs et curatifs), bétons, mortiers ou plâtres, dallages, terrasses, sols et autres matériaux de construction. Les autres produits à base de diuron présentent des usages plus sélectifs : ils couvrent entre deux et quatre des sept usages possibles. Comme illustré dans le tableau ci-dessous, parmi tous les usages des produits TP10 à base de diuron, les usages les plus revendiqués par les producteurs sont les suivants : la protection préventive des toitures, murs et façades et la protection des autres matériaux de construction (autres que les toitures, murs et façades, métaux dont le fer et l'aluminium).

Tableau 4. Usages des produits TP10 contenant du diuron
Nombre de produits TP10Usages TP10
Produit préventif pour la protection des toitures, murs et façades Produit destiné à la protection des métaux dont le fer et l'aluminiumProduit de protection des autres matériaux de constructionProduit pour les bétons, mortiers ou plâtres Produit pour les dallages, terrasses et sols Produit curatif pour la protection des toitures, murs et façades Autre
7XXXXXXX
4X X    
3  XX   
2 [3]      X
2 [3]X      
1X  X   
1X XXX  
Nombre de produits ->1571512878

[3] ces deux produits comportent de la carbendazime, or l'autorisation d'utilisation de cette substance prenant fin le 31 janvier 2025, ces produits ne seront donc prochainement plus sur le marché

La concentration massique de diuron dans les produits TP10 identifiés par le site BioCID est comprise entre 0,0648 et 97% (autres substances actives comprises). Il semble que pour les produits les plus polyvalents : soit le diuron est la seule substance active biocide employée et sa concentration est élevée (comprise entre 80 et 97% m/m), soit le diuron est associé à d'autres substances actives biocides (OIT et/ou carbendazime et/ou pyrithione de zinc) et sa concentration est moindre (comprise entre 10 et 20% m/m). Les combinaisons de substances actives biocides les plus répandues pour la formulation de produits TP10 (comportant du diuron) sont les suivantes : diuron seul et diuron / OIT / Carbendazime [3]. Nous n'avons pas relevé de corrélation entre les formulations et les usages, ainsi, des produits de même formulation peuvent avoir des usages différents et à l'inverse, des produits de formulations différentes peuvent être approuvés pour des usages identiques (nous entendons par « formulation » la combinaison de substances actives biocides en excluant les coformulants pour lesquels nous n’avons pas d’informations) (cf. Tableau ci-dessous).

Tableau 5. Formulations / Usages des produits TP10 contenant du diuron
Nombre de produitsConcentration diuron (% m/m)UtilisationsAutres substances actives biocides
TotalTP10TP7/TP10Produit préventif pour la protection des toitures, murs et façades Produit destiné à la protection des métaux dont le fer et l'aluminiumProduit de protection des autres matériaux de constructionProduit pour les bétons, mortiers ou plâtres Produit pour les dallages, terrasses et sols Produit curatif pour la protection des toitures, murs et façades AutreOITCarbendazimeIPBCPyrithione de zinc
3 3 80 - 97XXXXXXX    
2 220XXXXXXXXX  
2 2 10 - 15XXXXXXXX  X
2 2 9 - 10X X    X X 
1 19X X      X 
1 110X X      XX
1 151  XX       
1 110  XX   X   
1 110  XX   X  X
22 0,145      XXX  
22 0,0648X      XX  
1 117,4X  X       
1 120X XXX      
Nb produits ->   1571512878    

Utilisation phytosanitaire

Le diuron était utilisé jusqu'en 2008 en tant que désherbant à large spectre pour sa capacité à nuire aux plantes photosynthétiques. Selon la quatorzième édition de « The Pesticide Manual », il était utilisé pour le contrôle total des graminées et des mousses sur les terrains non agricoles (10-30 Kg/ha) et pour un contrôle sélectif de ces mêmes éléments sur les terrains agricoles (0,6-4,8 Kg/ha).  Le diuron pouvait être employé en combinaison avec d'autres herbicides : le dichlobenil, l'aminotriazole, le bromacile, le 2,4D, le glyphosate ou la simazine (CERAMA, 2017).

Par le passé, le diuron a été utilisé comme herbicide notamment pour la viticulture, les cultures d'arbres fruitiers (poirier, pommier), de légumes (asperges, lentilles), de la luzerne, et les cultures tropicales comme la canne à sucre, l’ananas et le bananier (CEREMA, 2017).

Production de caoutchouc

L'association du diuron avec des savons alcalins (stéarate de sodium ou de potassium) peut être employée comme agent de réticulation pour la production de joints à base de caoutchouc acrylique utilisés notamment dans l'industrie automobile et dans le domaine de l'ingénierie (SPECIALCHEM, 2024). Cette association permet au caoutchouc acrylique d'acquérir des propriétés de faible résistance à la déformation rémanente à la compression sans avoir recours à une post-cuisson.

Production de résines epoxy

Le diuron peut être employé comme durcisseur et accélérateur pour la synthèse de résines époxy de spécialité, dont les applications s'échelonnent des laminés pour circuits imprimés aux revêtements, adhésifs, composites en fibres de carbone (Voir des informations sur les usages des résines epoxy via les rubriques technico-économiques sur les bisphénols sur le site substances.ineris.fr, et Kautschuk Group, 2024). Dans le cas de la fabrication et de l'usinage des matériaux composites à base de fibres de carbone le taux de diuron peut être compris entre 1 et 5% (Anses, 2010). Le diuron peut intervenir dans la production de certaines de ces résines à deux titres :

  • Pour certaines applications, telles que les plastiques renforcés de fibres de carbone employés dans l'industrie aérospatiale, l’industrie automobile, les navires et la construction civile, il est nécessaire d'augmenter la dureté des résines époxy employées. Ce renforcement peut être obtenu par voie physique (ajout de nanocharges inorganiques ou de particules de résine thermoplastique possédant une grande résistance à la rupture) ou par voie chimique en modifiant la structure de la résine, notamment par l'introduction de segments à longues chaînes tels que l'oxazolidinone (Yiwen, 2022). Cette introduction s'opère par polymérisation de groupes isocyanate et époxy, or le diuron est en mesure de se dissocier sous l'effet de la chaleur pour former un isocyanate d'aryle, et est donc employé comme source d’isocyanate dans ce procédé.

  • Le Dicyandiamide (DICY) est un agent durcisseur employé dans l'industrie de production des résines époxy. Sa température de durcissement peut être abaissée de 200°C à 130°C grâce au diuron qui fait alors office d'accélérateur. Son mécanisme d'action est basé sur la formation de diméthylamine.

Rejets dans l’environnement

Sources naturelles

Le diuron est une substance uniquement d’origine anthropogénique, par conséquent ses rejets dans l’environnement ne sont pas d’origine naturelle.

Émissions atmosphériques

Les émissions atmosphériques de diuron ne sont pas soumises à déclarations dans le Registre national des Emissions Polluantes (IREP), et nous n’avons pas identifiés de source alternative d’informations.

Émissions vers les eaux

Emissions vers les eaux déclarées sur BDREP

En France, le diuron fait partie des substances dont les rejets dans l’eau et le sol doivent être déclarés lorsqu’ils dépassent un certain seuil, à savoir 1 kg/an, comme imposé par le Règlement 166/2006/CE [1]. Cette déclaration annuelle se fait sur le Registre des Emissions Polluantes, via le logiciel de saisie GEREP (Gestion électronique du registre des émissions polluantes) et est gérée dans la base de données nationale du registre des émissions polluantes (BDREP, IREP) [2]. Cette base de données n’est pas une présentation exhaustive de toutes les émissions de diuron, elle concerne seulement les émissions déclarées des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) soumises aux régimes d’autorisation et d’enregistrement, ainsi que les stations de traitement des eaux usées (STEU).

La base de données BDREP compte deux types d’émissions vers les eaux provenant de sites industriels ou de STEP : les émissions directes et les émissions indirectes. Un rejet direct est défini comme un rejet isolé dans le milieu naturel avec ou sans passage par une station de traitement propre au site industriel, alors qu’un rejet indirect est défini comme un rejet raccordé à une station d’épuration extérieure au site émetteur. L’évolution des rejets industriels totaux, directs et indirects vers les eaux est présentée dans le Tableau 1 et la Figure 1 ci-dessous.

Tableau 1. Evolution des émissions déclarées de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 (Source : BDREP)
  20132014201520162017201820192020202120222023
Emissions totaleskg/an40,951,329,516,01,9253,713,523,714,75,5512,1
Rejets "Eau direct"kg/an40,851,329,516,01,8653,613,314,414,05,3511,3
%/Totalité100100100100971009961959694
Rejets "Eau indirect"kg/an0,060,0010,0020,040,060,020,179,290,670,200,78
%/Totalité000030139546
Nombre de déclarants/374229151124131210810
Nombre de déclarants avec émissions > Seuil/1215850646414
Emissions moyennes par sitekg/an1,101,221,021,070,172,241,041,971,470,691,21
Emissions maximales pour un sitekg/an8,148,2011,48,000,8231,45,008,615,14,56,55

 

 

Figure 1. Evolution des émissions déclarées de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 (Source : BDREP)
Figure 1. Evolution des émissions déclarées de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 (Source : BDREP)

Hormis un pic en 2018, les flux d’émissions de diuron déclarés, le nombre de déclarants et de déclarants dont les émissions sont supérieures au seuil réglementaire ont connu une chute entre 2014 et 2017 et tendent à se stabiliser depuis comme suit :

- Entre 5,55 et 23,7 kg/an pour les flux d’émissions

- Entre 8 et 13 pour le nombre de déclarants

- Entre 1 et 6 pour le nombre de déclarants dont les émissions sont supérieures au seuil réglementaire

En 2018, le pic de rejet de diuron provient de la station d’épuration SIAAP Site Seine Aval située en Ile de France (si l’on ne prend pas en compte cette donnée, les flux d’émissions en 2018 seraient du même ordre que ceux de 2020). Notons que ce site n’a effectué qu’une seule déclaration d’émission de diuron entre 2013 et 2023 ce qui, au vu des émissions de 2018 de ce site, pourrait conduire à sensiblement sous-estimer les émissions totales.

Entre 2013 et 2023, les émissions « directes » représentent la quasi-totalité des effluents aqueux de diuron.

Le Tableau et la Figure ci-après, illustrent les dix secteurs d’activité les plus émetteurs de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 en termes de cumul de flux d’émissions (selon les données issues de la base de données BDREP).

 

Tableau 2. Dix secteurs d'activité les plus émetteurs de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 en termes de cumul de flux d’émissions (Source : BDREP)
 Emissions vers les eaux
Secteurs d’activité(kg/an)(%)
Collecte et traitement des eaux usées23188
Fabrication d'autres produits chimiques inorganiques de base n.c.a.21,98,3
Récupération de déchets triés9,363,6
Captage, traitement et distribution d'eau0,500,2
Traitement et élimination des déchets dangereux0,370,1
Fabrication de pesticides et d'autres produits agrochimiques0,100,04
Fabrication de matières plastiques de base0,060,02
Collecte des déchets dangereux0,010,01
Fabrication d'emballages en matières plastiques0,0020,001
Figure 2. Répartition sectorielle des émissions de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 (Source : BDREP)
Figure 2. Répartition sectorielle des émissions de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023 (Source : BDREP)

La collecte et le traitement des eaux usées représentent 86% des émissions de diuron vers les eaux.

Notons que la 3ème campagne de mesure des micropolluants dans les rejets de STEU (RSDE STEU 3) effectuée entre 2017 et 2020, a révélé que pour plus de 24% des STEU, le flux moyen de diuron en sortie était supérieur au seuil de déclaration (Ineris (2021)). Lors de cette campagne de mesure, le diuron a été quantifié à des niveaux assez proches en entrée et en sortie de station, avec des fréquences de quantification importantes (de l’ordre de 70%). Il semblerait donc que les techniques de traitement de nombre de STEU ne soient pas efficaces pour abattre significativement le diuron (d’après la synthèse des travaux du projet AMPERES [3], le rendement d’élimination du diuron par des STEP de type « boues activées » serait inférieur à 30 %).

En 2012, Choubert (2012) indiquait que le diuron n’était pratiquement pas affecté par les traitements primaires et secondaires (lagunage, décantation, filtration sur sable) et que seules l’osmose inverse, l’ozonation et la filtration sur charbon actif permettaient d’atteindre des rendements d’abattement supérieurs à 70%.

Les émissions de diuron du secteur de la fabrication de produits chimiques inorganiques de base proviennent d’un seul contributeur : une entreprise de production d’isocyanates basée en région Auvergne-Rhône-Alpes (de façon générale, l’isocyanate est employé pour la synthèse du diuron).

Les deux figures ci-dessous représentent respectivement les répartitions géographiques des émissions moyennes des rejets directs et des rejets indirects de diuron vers les eaux entre 2013 et 2023.

Figure 3. Répartition géographique des émissions moyennes de diuron déclarées dans l’eau (rejet direct) en France entre 2013 et 2023
Figure 3. Répartition géographique des émissions moyennes de diuron déclarées dans l’eau (rejet direct) en France entre 2013 et 2023

 
Figure 4. Répartition géographique des émissions moyennes de diuron déclarées dans l’eau (rejet indirect) en France entre 2013 et 2023
Figure 4. Répartition géographique des émissions moyennes de diuron déclarées dans l’eau (rejet indirect) en France entre 2013 et 2023

[1] Arrêté du 31/01/08 relatif au registre et à la déclaration annuelle des émissions et des transferts de polluants et des déchets

[2]    hhttps://www.georisques.gouv.fr/risques/registre-des-emissions-polluantes

[3] Synthèse des travaux du projet AMPERES - Rapport d’étape, Marina Coquery, Jean-Marc Choubert, Cécile Miège (Cemagref, centre de Lyon) - Décembre 2009

Emissions vers les eaux de surface provenant des matériaux de construction

Eaux de ruissellement de façades

Le diuron peut être employé pour produire des matériaux de construction (enduits pour façades, peintures de toiture, peintures de façade…) ou des produits curatifs pour la protection des toitures, murs et façades. Ainsi, l’action biocide du diuron prévient ou réduit la présence d’algues et mousses à la surface de ces matériaux exposés aux intempéries. Le lessivage de ces matériaux de construction par les eaux de pluie peut transférer le diuron, via les eaux de ruissellement, directement vers les cours d’eau (dans le cas d’un réseau de collecte des eaux de type séparatif) ou vers une station d’épuration pour les réseaux de type unitaire (notons que les traitements de nombre de STEU ne sont pas efficaces pour réduire les émissions de diuron et dans ces conditions ce biocide peut atteindre les eaux de surface).

Des tests de lixiviation sur des matériaux de construction (peintures et enduits) contenant du diuron ont été réalisés suivant diverses procédures (aspersion, immersion permanente ou à court terme) et à plusieurs échelles (en laboratoire ou en extérieur). Ces études ont mis en évidence la possible lixiviation du diuron présent dans ces matériaux lors d’évènements pluvieux (cf. Tableau ci-après, Paijens (2019)).

Tableau 3.  Émissions cumulées des biocides par des matériaux de construction en mg/m2 pour chaque essai (quantité lixiviée par rapport à la quantité initiale en %) (Paijens (2019))
RéférenceType d’expositionMatériau de constructionEssais en laboratoireEssais à l’extérieur
Burkhardt et al, 2011AspersionEnduit

435

(29)

/
Styszko et al, 2015ImmersionEnduit silicone

2,9 – 5

(7 – 12)

/
 Enduit acrylate

4,8 – 8,9

(12 – 19)

/
Schoknecht et al, 2013Immersion court-termeEnduit

99

(12,7)

/
Wangler et al, 2012AspersionEnduit

622-1450

(30-45)

 
Burkhardt et al, 2012NaturelleEnduit/

225

(9,5)

Schoknecht et al, 2009IrrigationEnduit acrylate + peinture silicone6-15/
Immersion court-terme59-180/
Immersion permanente399-739/
Wangler et al, 2012AspersionEnduit + peinture

1570-1730

(53-62)

 
Burkhardt et al, 2012NaturelleEnduit + peinture/

180-400

(7.5-13)

Wicke et al, 2022NaturelleEnduit + peinture/43.9
Schoknecht et al, 2013Immersion court-termePeinture

57

(24,8)

/

La grande dispersion des valeurs d’émissions cumulées est imputable à différents paramètres dont :

Les conditions expérimentales (exposition du panneau par immersion ou pulvérisation, quantité d’eau, temps de contact avec l’eau, durée de l’expérience, etc.)

Les matériaux (composition, date d’application, quantité initiale de biocide…)

En fonction de la nature du matériau, les niveaux d’émission diffèrent : de plus faibles émissions de diuron sont observées pour les enduits à base de silicone que pour les enduits à base d’acrylate (Styszko et al., 2015). D’après Wangler (2012) la lixiviabilité du diuron dépend notamment des propriétés physico-chimiques de la matrice (principalement le liant), de la présence et la lixiviabilité des autres composants (tels que les épaississants). Le phénomène de lixiviation est également influencé par les conditions climatiques : la température, la durée entre deux évènements pluvieux, les conditions météorologiques, l’exposition UV (Burkhardt et al., 2012; Wangler et al., 2012).

La proportion lixiviée de diuron par rapport à la quantité initiale de biocide dans le matériau varie de 7 à 45 % pour les enduits et de 7,5 à 62% pour les enduits revêtus de peinture (une seule étude concerne les peintures et indique une proportion lixiviée de 24,8%).

Burkhardt et al. (2011) ont étudié l’évolution des concentrations de diuron dans les eaux de ruissellement de façades enduites à la suite de 80 évènements pluvieux artificiels : les premiers échantillonnages faisaient état de concentrations de diuron de 7 000µg/l et à la fin des essais, la concentration s’élevait à 70µg/l.

Burkhardt et al. (2012) ont également exposé aux intempéries des panneaux revêtus d’enduit et de peinture. Dans ces conditions, la concentration de diuron quantifiée au cours des premiers mois dans les eaux de ruissellement étaient comprises entre 10 et 25 mg/L et s’élevaient à environ 2 mg/L après une année d’exposition.

Notons que la présence du métabolite DCPMU a aussi été relevée dans des eaux de ruissellement de façade à des niveaux de concentration correspondant approximativement à un tiers de celles du diuron [Hensen (2018)].

Note : FReWaB-PLUS, un outil développé dans le cadre de NAVEBGO, permet d’estimer le lessivage des biocides d’un ensemble urbain (www.biozidauswaschung.de).

En conclusion, les quantités de diuron émises par les façades des constructions sont toujours significatives et peuvent être très élevées.

Transfert vers les eaux de surface

Peu d’études sont dédiées à la contamination en diuron des RUTP (Rejets Urbains par Temps de Pluie) ou des rejets de déversoirs d’orage.

Selon les données reportées dans le Tableau ci-après, il existe une grande disparité dans les données de concentration du diuron dans les RUTP : celles-ci s’échelonnent de moins de 5 à près de 12 000 ng/l.

Ces concentrations sont en général très inférieures à celles des eaux de ruissellement de façades (qui pour mémoire, peuvent être de l’ordre du mg/L), plusieurs phénomènes peuvent expliquer cet écart : une dilution significative dans les eaux pluviales par des eaux ruissellement sur des surfaces urbaines non contaminées par ce biocide (routes par exemple) ; une infiltration dans le cas de surfaces perméables ; une dégradation de la molécule.

Une seule étude (Gasperi et al. (2013) fait état de concentrations en diuron dans les déversoirs d’orage, celles-ci étant comprises entre 90 et 1600 ng/l.

Tableau 4. Concentrations en ng/L (min-max) de diuron dans des Rejets Urbains par Temps de Pluie (RUTP) et des rejets de Déversoirs d’Orage (DO)
RéférenceRUTPDO
Gasperi et al. (2013)< 5 – 1199790 - 1600
Zgheib et al. (2012)30 – 1750 
Bressy (2010)40 - 80 

 

Etude de cas : Origine et transfert du diuron dans les eaux de surface de l’agglomération parisienne

Paijens (2019) a étudié le transfert du diuron vers les rejets urbains de temps de pluie (RUTP) et in fine vers le milieu récepteur de l’agglomération parisienne en mesurant sa concentration :

- en entrée et en sortie de station de traitement des eaux usées (STEU [1]) (par temps sec, temps de pluie et forte pluie)

- dans les eaux de surface en amont et en aval de l’agglomération parisienne

La quantification des émissions du diuron dans les déversoirs d’orage (eaux usées vs. eaux pluviales) effectuée par Paijens (2019) s’est basée sur la comparaison entre les concentrations dans le DO (119 ng/l) et celles en entrée de STEU par temps sec (18 ng/l), les deux sites ayant des bassins versants comparables. Les résultats ont démontré que le diuron était majoritairement apporté par les eaux pluviales (en raison de leur utilisation dans les matériaux de construction et du phénomène de lixiviation par temps de pluie). Pour mémoire, les mesures de diuron dans les retombées atmosphériques (effectuées après son interdiction dans les produits phytosanitaires) sont de l’ordre du ng/l [Paijens (2019)], par conséquent cette source d’émission semble minoritaire.

Dans le cadre de cette étude, les flux de diuron les plus élevés ont été relevés au cours des deux déversements par le DO pour lesquels les proportions des eaux pluviales par rapport à celles des eaux usées étaient les plus importantes. Ces observations sont cohérentes avec les précédents résultats sur les origines de ce biocide dans les DO.

Les flux annuels rejetés par temps sec (15 kg/an) et temps de pluie (1,2 kg/an), estimés à l’échelle de l’agglomération parisienne dans le cadre de cette étude, indiquent que les STEU seraient la principale voie d’introduction du diuron dans le milieu récepteur.

Paijens (2019) indique que les flux émis par la STEU étudiée dépassent rarement ceux transitant en Seine (62 kg/an). En revanche, les flux déversés ponctuellement par le DO de la station dépassent régulièrement ceux transitant en Seine. Ces résultats soulignent un apport ponctuel des DO à la contamination de la Seine plus important que les rejets continus de la STEU Seine centre.

[1] DO de Clichy + STEU Seine centre

[2] les eaux de surface ont été échantillonnées en trois points : la Marne (48_81’62”N, 2_42’37”E) ainsi que la Seine en amont (48_79’92”N, 2_41’60”E) et en aval (48_98’82”N, 2_07’99”E) de l’agglomération parisienne

- Efficacité du traitement de la STEU

Une concentration moyenne de diuron de 24 ng/l dans les eaux traitées est constatée, les abattements de la STEU de cette étude sont systématiquement négatifs, Paijens (2019) les justifie par l’éventuelle reformation du diuron au sein de la STEU à partir d’un de ses métabolites ou par les incertitudes de mesure analytiques (comprises entre 20 et 40% pour les eaux usées).

- Contamination des rejets urbains par temps de pluie

Les concentrations de diuron dans les RUTP ont été estimées par Paijens (2019) à partir des données acquises dans les DO et les eaux usées non-traitées, il en résulte une concentration moyenne de 154 ng/l.

- Contamination des eaux de surface

Les concentrations de diuron observées au niveau des eaux de surface de l’agglomération parisienne étudiée étaient comprises entre 5 et 7 ng/l en amont de la STEU et s’élevant à 14 ng/l en aval). Mais d’après par Paijens (2019) aucune tendance ne s’est dégagée des concentrations mesurées en fonction du débit de la rivière ou des précipitations ou de la période de l’année. Toutefois, des pics de concentrations de diuron ont été observés après des évènements pluvieux ce qui est cohérent avec la lixiviation des matériaux de construction.

Émissions vers les sols

  • Emissions industrielles

En France, le diuron fait partie des substances dont les rejets dans le sol doivent être déclarés lorsqu’ils dépassent un certain seuil, à savoir 1 kg/an, comme imposé par le Règlement 166/2006/CE [1]. Cette déclaration annuelle se fait sur le Registre des Emissions Polluantes, via le logiciel de saisie GEREP (Gestion électronique du registre des émissions polluantes) et est gérée dans la base de données nationale du registre des émissions polluantes (BDREP, IREP ) [2]. Cette base de données n’est pas une présentation exhaustive de toutes les émissions, elle concerne seulement les émissions déclarées des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) soumises aux régimes d’autorisation et d’enregistrement, ainsi que les stations de traitement des eaux usées (STEU).

Entre 2013 et 2023, aucune déclaration d’émissions de diuron vers les sols n’a été effectuée.

[1] Arrêté du 31/01/08 relatif au registre et à la déclaration annuelle des émissions et des transferts de polluants et des déchets

  [2]      https://www.georisques.gouv.fr/risques/registre-des-emissions-polluantes

 

  • Emissions des matériaux de construction

Une infiltration dans le sol des eaux de ruissellement de façades est envisageable dans le cas de surfaces perméables (voir Emissions vers les eaux).

Présence environnementale

Atmosphère

  • Air ambiant

D’après les résultats du suivi national du niveau d’imprégnation de fond des pesticides dans l’air ambiant 2021-2022 du LCSQA [1], le diuron n'est présent en concentration détectable dans aucun des 430 échantillons provenant de prélèvements réalisés sur 15 sites en métropole et 3 sites en Départements et Régions d'Outre-Mer (la limite de détection du diuron s'élève à 0,050 ng/m3).

[1] Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air

  • Eaux de pluie

Peu d’études font état de la contamination des eaux de pluie par le diuron : en France, Scheyer et al. (2007), Zgheib (2009) et Bressy (2010) ont rapporté des concentrations de diuron dans les eaux de pluie comprises entre 7ng/L et 1650ng/L. Notons que certains des échantillonnages ont pu avoir lieu alors que l'utilisation phytosanitaire du diuron était encore autorisée et que cela a pu influer sur les niveaux de concentration.

Entre 2018 et 2019, trois échantillonnages de retombées atmosphériques (par temps de pluie) ont été effectués à Paris dans le cadre de la thèse Paijens (2021). Les concentrations de diuron étaient comprises entre 0,66 et 1,2ng/l pour la fraction dissoute, 0,009 et 0,03 µg/g pour la fraction particulaire et entre < LQ (*) et 1,3ng/l pour la fraction totale.

(*) < LQ signifie que la concentration est inférieure à la limite de quantification, valeur non-indiquée dans la publication

Aquatique

Diuron

Eaux de surface - Matrice Eau - Diuron

La base de données Naïades [1] recense, entre 2013 et 2022, 288 773 analyses de diuron dans des eaux de surface réparties sur plusieurs milliers de sites de prélèvement (entre 3153 et 4714, selon les années). Parmi ces mesures, entre 6 et 15% présentent des concentrations de diuron supérieures à la limite de quantification (comprise entre 0,001 et 0,1 µg/L).

Au cours de cette période, la part des points de mesure dont la concentration moyenne annuelle [2] est supérieure à la NQE de 0,2 µg/l [3] n'excède pas 1% (pour un site donné, 7 à 8 mesures sont effectuées en moyenne sur une année). Les échantillons dont la concentration en diuron est supérieure à la MAC [4] représentent, au plus, 0,2% de l'ensemble des mesures quantifiables.

Entre 2013 et 2022, les concentrations quantifiables de diuron médianes et maximales sont comprises respectivement entre 0,01 et 0,03 µg/L et entre 1,27 et 11,4 µg/L. Notons que les concentrations médianes maximales et moyenne sont relativement stables depuis 2015 (cf. tableau ci-dessous).

Tableau 1. Synthèse des données de présence du diuron dans les eaux de surface françaises - Matrice Eaux (Source : Naïades)
 AnnéeNombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Nombre de stations dont la concentration moyenne annuelle est supérieure à la NQEPart des stations dont la concentration moyenne annuelle est supérieure à la NQENombre moyen de mesures annuelles par stationNombre de mesures quantifiables > MACPart des mesures quantifiables > MACMédiane des mesures quantifiables (µg/l)Max des mesures quantifiables (µg/l)Moyenne des mesures quantifiables (µg/l)
2013248693447288812300,9760,20,0311,10,06
2014228603153273612170,5750,20,0311,40,06
201530192356617506150,4810,10,033,540,05
201630079434125358170,4750,20,016,500,03
2017307534540383312130,3730,10,016,350,03
2018342474714509715150,3700,00,011,600,02
201928619420840281440,1710,00,012,010,02
20202669840622415950,1700,00,011,270,02
202131113431031711080,2710,00,015,500,02
202229343437120647100,2720,10,013,850,03

 

 

Eaux de surface - Matrice Sédiment - Diuron

Entre 2013 et 2022, d’après la base de données Naïades, 3620 analyses de diuron ont été effectuées sur matrice sédiment (réparties sur 1765 sites de mesure). Les mesures dont la concentration est quantifiable représentent au plus 13% de l'ensemble des analyses mais notons qu'en 2014, 2018, 2021 et 2022 aucune concentration n'était supérieure à la limite de quantification (comprise entre 0,5 et 100µg/kg). Du point de vue des mesures quantifiables, les concentrations maximales et médianes sont assez fluctuantes selon les années : elles oscillent respectivement entre 0 et 40 µg/kg et entre 0 et 53 µg/kg (cf. tableau 2 ci-dessous).

Tableau 2. Synthèse des données de présence du diuron dans les eaux de surface françaises - Matrice Sédiments (Source : Naïades)
 Nombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Max des mesures quantifiables (µg/kg)Médiane des mesures quantifiables  (µg/kg)Moyenne des mesures quantifiables  (µg/kg)
20137447441001334,01,302,65
201493693600000
201571471420,310,010,010,0
201630628720,753,040,040,0
2017245239104,124,08,5010,3
201810410400000
2019776822,65,705,505,50
2020413837,38,502,904,67
2021979500000
202235635600000

 

Eaux de surface - Matrice Matières En Suspension (MES) - Diuron

Le diuron a été quantifié dans 363 échantillons de matières en suspension entre 2013 et 2022 (cf. tableau 3 ci-dessous). A partir de 2014, aucune des mesures de diuron effectuées dans cette matrice n'était quantifiable. En 2013, 36 % des mesures (soit 37 analyses) étaient supérieures à la limite de quantification, les concentrations médiane et maximale s’élevaient respectivement à 1,59 µg/kg et 14,0 µg/kg.

Tableau 3. Synthèse des données de présence du diuron dans les eaux de surface françaises - Matrice Matières en suspension (Source : Naïades)
 Nombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Max des mesures quantifiables (µg/kg)Médiane des mesures quantifiables  (µg/kg)Moyenne des mesures quantifiables  (µg/kg)
2013102102373614,00,801,59
2014676700000
20150 0/000
2016242400000
2017242400000
2018242400000
2019282800000
2020242400000
2021242400000
2022464600000

 

Métabolites du diuron

Deux métabolites du diuron, à savoir le 3,4-dichlorophenylurée (DCPU - n°CAS 2327-02-8) et le 1-(3,4-dichlorophenyl)-3-methylurée (DCPMU - n°CAS 3567-62-2), font partie des substances mesurées régulièrement dans les eaux de surfaces françaises. La base de données Naïades donne accès à ces mesures, notons cependant que ces substances ne possèdent pas de NQE ou de MAC.

Eaux de surface - Matrice Eau - Métabolites du diuron

Entre 2013 et 2022, la base de données Naïades compile 246 796 mesures pour le 1-(3,4-dichlorophenyl)-3methylurée et 220 483 mesures pour le 3,4-dichlorophenylurée. Ces mesures ont été effectuées au niveau de plusieurs milliers de sites de prélèvement dont le nombre varie en fonction des années : entre 2475 et 4144 pour le DCPMU et entre 2142 et 3792 pour le DCPU (en moyenne un site compte environ 7 mesures par an). Parmi toutes les analyses réalisées pour ces deux métabolites, entre 0,3 et 2,6% des concentrations étaient quantifiables (les limites de quantification sont comprises entre 0,001 et 20µg/l pour le DCPU et entre 0,005 et 50 µg/l pour le DCPMU). Les concentrations médianes de DCPMU et de DCPU sont relativement stables au cours de cette période : elles sont respectivement comprises entre 0,01 et 0,03 µg/l et entre 0,01 et 0,02 µg/l.

Tableau 4. Synthèse des données de présence du métabolite 1-(3,4-dichlorophenyl)-3-methylurée (DCPMU - n°CAS 3567-62-2) dans les eaux de surface françaises - Matrice Eaux (Source : Naïades)
AnnéeNombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Médiane des mesures quantifiables (µg/l)Max des mesures quantifiables (µg/l)Moyenne des mesures quantifiables (µg/l)
20132008026615022,50,0220,00,07
20141836624754832,60,020,910,03
20152007524651730,90,030,300,04
20162661039582440,90,021,100,03
20172795741033071,10,020,550,03
20182861841443931,40,010,130,02
20192671339052931,10,010,640,02
20202516738171680,70,010,610,02
20212644638923331,30,010,250,02
20222676441413371,30,010,110,01
Tableau 5. Synthèse des données de présence du métabolite 3,4-dichlorophenylurée (DCPU - n°CAS 2327-02-8) dans les eaux de surface françaises - Matrice Eaux (Source : Naïades)
AnnéeNombre de mesuresNombre de sitesq de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Médiane des mesures quantifiables (µg/l)Max des mesures quantifiables (µg/l)Moyenne des mesures quantifiables (µg/l)
20131976525912091,10,0110,180,020
20141606921421390,90,0200,1050,023
2015181952283390,20,0230,1230,032
20162164934891410,70,0100,480,021
20172447537922741,10,0090,130,013
20182659838472040,80,0090,2640,014
20192361835581450,60,0080,1350,016
2020222423518720,30,0070,0360,010
20212362536741210,50,0070,210,013
20222424737901010,40,0090,0730,012

 

Eaux de surface - Matrice Sédiment - Métabolites du diuron

La base de données Naïades ne recense pas de données de concentration de DCPMU et de DCPU dans les sédiments antérieures à 2022.

En 2022, les sédiments de 327 sites de prélèvement ont été analysés (à raison d'une mesure par site) : toutes les concentrations de DCPMU et de DCPU étaient inférieures à la limite de quantification (comprise entre 10 et 20 µg/kg).

Eaux de surface - Matrice Matières En Suspension (MES) - Métabolites du diuron

En 2022, un site situé dans le département des Bouches du Rhône a fait l'objet d'analyse bimensuelles de DCPMU et de DCPU dans les matières en suspension. Les 22 mesures (dont les résultats sont disponibles sur la base de données Naïades) étaient toutes inférieures à la limite de quantification (comprise entre 10 et 50 µg/kg).

 

Répartition des concentrations en diuron et en métabolites dans les eaux de surface

La base de données Naïades fournit pour près de 800 échantillons d'eau de surface prélevés entre 2013 et 2022 à la fois des concentrations en diuron, en DCPMU et en DCPU. Ces données permettent de dégager la tendance de répartition des concentrations de ces substances  suivante : la concentration en diuron est dans plus de 90% des cas supérieure à celle de ses métabolites, ceci d'un facteur 4 pour le DCPMU et d'un facteur 6 pour le DCPU (ces facteurs correspondent à des valeurs médianes).

[1]  http://naiades.eaufrance.fr/

[2] Calculée à partir des concentrations supérieures à la limite de quantification

[3] Norme de Qualité Environnementale évaluée à 0,2 µg/l pour le diuron (cf. Rubrique Réglementation)

[4] Concentration Maximum admissible

Terrestre

Eaux souterraines

D’après la base de données ADES [5], 191 292 analyses de diuron dans les eaux souterraines ont été effectuées entre 2012 et 2021 pour 25654 sites de mesure (le nombre de mesures varie entre 18 286 et 20 315 selon les années). Parmi ces mesures, entre 2 et 4 % sont quantifiables et moins de 0,2% sont supérieures à la norme de qualité de l'eau potable (fixée à 0,1µg/l) et les concentrations médianes et moyennes de diuron sont relativement stables et comprises entre 0,01 et 0,05 µg/l.

Tableau 6. Synthèse des mesures de diuron dans les eaux souterraines françaises entre 2012 et 2021 (Source : ADES)
 Nombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Nombre de mesures dont la concentration est supérieure à la norme de qualité pour l'eau potable (établie à 0,1µg/l)Part des mesures dont la concentration est supérieure à la norme de qualité pour l'eau potable (%)Médiane des mesures quantifiables (µg/l)Max des mesures quantifiables (µg/l)Moyenne des mesures quantifiables (µg/l)
20121864997366283,4380,20,021,060,04
20131889797925663,0250,10,031,620,04
20141908496855753,0360,20,020,870,04
201519346102484252,2240,10,021,320,05
201620315106777913,9210,10,011,900,03
201720263103138564,2160,10,011,150,02
20181888699587514,090,00,010,830,02
201919052101726603,590,00,010,780,02
202018514104245653,1110,10,010,630,02
20211828697615923,2140,10,010,720,02

Comme illustré dans les deux tableaux ci-dessous, les métabolites du diuron (le 1-(3,4-dichlorophenyl)-3methylurée et le 3,4-dichlorophenylurée) sont moins fréquemment quantifiés que leur substance mère entre 2012 et 2021 : 2 à 4% des mesures sont quantifiable pour le diuron et 0 à 0,3% pour ses métabolites (pour un nombre de mesure total de 154 037 pour le DCPMU et de 148 320 pour le DCPU). De plus, parmi toutes les mesures effectuées au cours de cette période, une seule mesure de ces substances présente une concentration supérieure à la norme de qualité de l'eau potable. Notons que les concentrations médianes des deux métabolites sont équivalentes et de l'ordre de 0,01-0,02µg/l.

Tableau 7. Synthèse des mesures du métabolite 1-(3,4-dichlorophenyl)-3-methylurée (DCPMU - n°CAS 3567-62-2) dans les eaux souterraines françaises entre 2012 et 2021 (Source : ADES)
 Nombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Nombre de mesures dont la concentration est supérieure à la norme de qualité pour l'eau potable (établie à 0,1µg/l)Part des mesures dont la concentration est supérieure à la norme de qualité pour l'eau potable (%)Médiane des mesures quantifiables (µg/l)Max des mesures quantifiables (µg/l)Moyenne des mesures quantifiables (µg/l)
2012105795647200,2000,020,050,02
2013123176680180,110,010,020,110,03
2014135747198280,2000,020,100,03
2015149058619310,2000,020,090,02
2016175748589370,2000,020,090,02
2017183539021600,3000,010,080,02
2018166098829580,3000,010,070,02
2019171089110490,3000,020,080,02
2020163169192470,3000,020,100,02
2021167028806420,3000,020,070,02
Tableau 8. Synthèse des mesures du métabolite 3,4-dichlorophenylurée (DCPU - n°CAS 2327-02-8) dans les eaux souterraines françaises entre 2012 et 2021 (Source : ADES)
 Nombre de mesuresNombre de sites de mesureNombre de mesures quantifiablesPart des mesures quantifiables (%)Nombre de mesures dont la concentration est supérieure à la norme de qualité pour l'eau potable (établie à 0,1µg/l)Part des mesures dont la concentration est supérieure à la norme de qualité pour l'eau potable (%)Médiane des mesures quantifiables (µg/l)Max des mesures quantifiables (µg/l)Moyenne des mesures quantifiables (µg/l)
20121036151190000///
201312805669340,03000,020,020,01
201413051686520,02000,010,010,01
20151359482720000///
201616830833950,03000,010,010,01
201717441866440,02000,020,020,02
201815567840440,03000,010,020,01
201916335871490,06000,010,010,01
202016105912610,01000,010,010,01
202116231863020,01000,010,010,01

 

Sols

Nous n'avons pas relevé de source d’information présentant des concentrations de diuron dans le compartiment "sol".

 

[5] https://ades.eaufrance.fr/

Perspectives de réduction

Réduction des rejets

Traitements des rejets

En raison de la nature des principales sources d'émissions du diuron (à savoir les revêtements et produits de protection des matériaux de construction), la possibilité de réduire ces rejets par traitement se focalise sur les techniques d'abattement des STEU. Il est important de signaler que dans le cas des réseaux d'assainissement séparatifs, les eaux de ruissellement contaminées ne transitent pas par une STEU et sont transférées dans le milieu naturel sans abattement possible du diuron.

Note : Sebastian (2013) a étudié l’impact d’un bassin de retenue des eaux pluviales sur les émissions de diuron. Des efficacités d’abattement négatives pour le diuron ont été relevées. En raison d’un faible nombre de campagnes de mesures, les résultats cette étude sont à prendre avec précautions (ONEMA, 2016).

Pour mémoire, lors de la 3ème campagne de mesure des micropolluants dans les rejets de STEU (RSDE STEU 3), effectuée entre 2017 et 2020, le diuron a été quantifié à des niveaux assez proches en entrée et en sortie de station, avec des fréquences de quantification importantes (de l’ordre de 70%). Il semblerait donc que les techniques de traitement de nombre de STEU ne soient pas efficaces pour abattre significativement le diuron.

Besnault et al. ont étudié des traitements complémentaires (à savoir l'ozonation, le charbon actif en grains et les procédés d'oxydation avancée) pour la réduction des micropolluants dans les eaux usées (Besnault, 2015) :

  • les rendements d'abattement du diuron obtenus grâce au traitement au charbon actif en grain sont supérieurs à 90% (pour une gamme de concentration de diuron en entrée comprise entre 6 et 163 ng/l) ;
  • les procédés d'oxydation avancée basés sur l'emploi d'ozone, d'eau oxygéné et de rayons UV ont apporté eux aussi des résultats d'abattement satisfaisants (au-delà de 90% d'abattement pour l'ozone seul et pour les combinaisons ozone/eau oxygénée et rayons UV/eau oxygénée, la combinaison ozone/rayons UV permet d'atteindre des taux d'abattement compris entre 70 et 90%).

Des chercheurs espagnols ont étudié l’élimination du diuron dans des eaux usées urbaines par traitement biologique suivi d'une étape d‘ozonation : la durée du traitement d’ozonation nécessaire pour supprimer 99% du diuron a été estimée à 15 minutes (Rosal et al., 2010).

Du point de vue des coûts, l'étude de Besnault et al. met en évidence de fortes à très fortes disparités entre les cinq procédés, comme illustré par la Figure ci-dessous.

Coûts relatifs sur 20 ans (Capex + 20*Opex) normalisés par rapport au procédé le moins cher (:ozone pour la STEU de 60 000 EH)
Figure 1. Coûts relatifs sur 20 ans (Capex + 20*Opex) normalisés par rapport au procédé le moins cher (:ozone pour la STEU de 60 000 EH)
Opex = dépenses d'exploitation / Capex = dépenses d'investissement (Source : Besnault et al., 2015)

D'après l'étude, la mise en place d'une filière complémentaire permettant un abattement de plus de 90% du diuron conduirait à un coût spécifique d'environ 0,02 à 0,20€ par m3 traité, ce qui correspondrait à une facture comprise entre 2 et 20 €/EH/an par rapport à une filière classique sans traitement complémentaire. Notons que ces montants datent de 2015 et mériteraient probablement d'être mis à jour, de plus ils ont été évalués dans les conditions de l'étude et dépendent de certains facteurs tels que la capacité de traitement, la filière de traitement, les conditions de fonctionnement...

Revêtements et produits de protection des matériaux de construction

Enduits de façades

La lixiviabilité d'un biocide présent dans un enduit dépend de nombreux facteurs, tels que les propriétés physicochimiques du biocide et de la matrice (principalement le liant), la présence et la lixiviabilité d'autres composants (tels que les épaississants), ainsi que les conditions hydrologiques. Étant donné que les compositions des produits sont confidentielles, les diverses influences des composants des produits ne peuvent être étudiées. Néanmoins, Wangler et al. ont testé différents biocides et en ont conclu qu'il y a une grande variabilité entre les biocides et entre les produits du marché et que les biocides de structure similaire ont tendance à avoir le même comportement de libération.

Des solutions sont a priori envisageables pour réduire les émissions de diuron lors de l’emploi de produits pour façades en contenant :

  • Il pourrait peut-être être envisagé de sélectionner des liants et des épaississants qui permettraient de limiter la lixiviabilité du diuron dans les enduits.
  • Des conceptions architecturales permettent de limiter l'exposition des façades à l'humidité. Par exemple, un débord de toit correspondant au prolongement de la toiture de plusieurs dizaines de cm pourrait limiter le ruissellement de l'eau de pluie sur les murs de façade.
  • Pour éviter l'introduction de diuron dans les eaux souterraines, les drains de gravier non captés le long des murs des constructions et les puits d'infiltration devraient être évités (NAVEBGO, 2022).

Toitures

Le choix des matériaux et la conception de la toiture (par exemple, une pente toiture élevée) permettent de limiter son exposition à l'humidité et donc la prolifération des algues, mousses et lichens.

Alternatives aux usages

Revêtements et produits de protection des matériaux de construction

Substance active biocide alternative

  • Biocides alternatifs conventionnels

Sans présager de leur impact sur l'environnement, l'exploitation des données de la base BioCID a permis de mettre en lumière des substances qui pourraient se substituer au diuron.

- Produits TP7

Quatre substances algicides, dont les usages correspondent à ceux du diuron, présentent des niveaux de vente équivalents voire plus importants que ceux de ce dernier (ce qui pourrait suggérer leur adoption par les professionnels). Il s'agit de l'octylisothiazolinone (OIT), de la terbuthryne, du pyrithione de zinc et du 4,5-Dichloro-2-octyl-2h-isothiazol-3-one (DCOIT). Notons que ces substances sont préoccupantes à divers niveaux :

- la terbuthryne est une substance prioritaire ;

- l'OIT et le DCOIT ont été identifiées comme substances pertinentes à surveiller (SPAS) ;

- le pyrithione de zinc est classé reprotox 1B.

- Produits TP10

Le chlorure d'alkyl (C12-16) diméthylbenzylammonium et le chlorure de didécyldiméthylammonium (DDAC) sont des algicides employés dans des produits TP10 (avec des usages équivalents aux produits à base de diuron) et dont les ventes sont significatives.

Précisons que le chlorure d'alkyl (C12-16) diméthylbenzylammonium est un chlorure de benzalkonium classé comme très toxique pour l'environnement aquatique.

  • Biocides biosourcés

Selon le CSTB, plusieurs équipes de recherche travaillent à développer de nouvelles molécules biocides issues du vivant (huiles essentielles, substances actives issues de micro-algues) qui pourraient être candidates à la substitution du diuron dans le futur.

Biocides encapsulés

Afin de limiter l'émission de diuron qui s'opère lorsque les façades sont lessivées par la pluie, ces dernières pourraient être traitées avec du diuron encapsulé dans des microcapsules de plastique. Notons toutefois, que cette solution pourrait à terme générer la diffusion de microplastiques dans l'environnement (NAVEBGO, 2022).

Produits alternatifs sans biocides

  • Enduits à base de résine de silicone

Outre les biocides qu'ils peuvent comporter, ces enduits contiennent également des plastifiants qui peuvent être lessivés au fil du temps en raison des conditions météorologiques. Ces substances pourraient aussi poser un problème environnemental (NAVEBGO, 2022).

  • Peintures minérales

Les peintures minérales extérieures sont à base de silicates (calcium ou potassium en général) et se répartissent en trois catégories :

- les peintures aux silicates constituées de deux composants à assembler avant application (plutôt réservées aux monuments historiques)

- les peintures monocomposant, prêtes à l’emploi (des additifs organiques facilitent son application et son adhésion à des supports variés)

- les peintures sol-silicate élaborées à partir de silicate de potassium et de gel de silice, prêtes à l’emploi et compatibles avec des supports variés, y compris organiques.

Ces peintures, du fait de leur base minérale, absorbent l’humidité ce qui implique que la surface de la façade reste généralement relativement sèche, limitant ainsi le développement des algues et des moisissures. D’autre part, le pH des peintures minérales est élevé (de l’ordre de 11), ce qui constitue un support très peu propice au développement de ces organismes.

Notons que les peintures minérales se lient chimiquement à leur support, ce qui leur confère une grande durabilité (de l’ordre de plusieurs dizaines d’années).

Néanmoins, l'application de ces peintures est en général plus délicate et demande un savoir-faire plus spécifique.

  • Revêtements intégrant des photocatalyseurs

Des revêtements dits « antisalissures » s’appuient sur le procédé de photocatalyse. Celui-ci repose sur des photocatalyseurs qui, en utilisant l'énergie lumineuse, engendrent la formation de molécules très réactives (en général des radicaux libres), capables de décomposer certaines substances, organiques et inorganiques (Techniques de l’ingénieur, 2011). Ces revêtements protègent ainsi les surfaces extérieures notamment contre les mousses, les moisissures, les algues, les lichens et participeraient également à la dégradation des polluants automobiles de type NOx, SOx et COV.

Le dioxyde de titane (TiO2), sous forme nanoparticulaire, est utilisé comme photocatalyseur pour la production de ces revêtements.

Ce procédé comporte quelques inconvénients :

- Cette activité photocatalytique n’est pas très efficace pour une utilisation en extérieur car elle nécessite une irradiation UV intense. Il convient donc d’effectuer des modifications chimiques et structurales de TiO2, soit par dopage, soit par l’association avec un autre semi-conducteur ou par l’association avec un métal (Techniques de l’ingénieur, 2024 ; Techniques de l’ingénieur, 2019). Notons que des chercheurs ont développé des nanoparticules de TiO2 dopées avec du phosphore, de l’azote et du carbone, qui conservent la stabilité chimique des peintures et s’activent à la lumière solaire. Contrairement aux dopants métalliques coûteux couramment employés en catalyse, ces éléments sont plus abordables. Intégrées dans des peintures polymères, ces nanoparticules éliminent jusqu’à 96 % des polluants en lumière naturelle, sans provoquer de dégradation du revêtement (Maqbool, 2024).

- Le photocatalyseur dégrade les composés organiques, y compris les liants utilisés dans les revêtements. Cette action provoque une détérioration prématurée et une réduction de la durée de vie de ce dernier.

- Malgré le manque de données spécifiques sur la forme nanométrique du TiO2, de potentiels effets génotoxiques ont été rapportés pour certaines formes particulières du TiO2 par l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et de l’Anses (Anses, 2024). De plus, le TiO2 est un cancérogène suspecté après une exposition par inhalation selon le règlement CLP.

  • Traitement des toitures et façades

Il existe sur le marché des produits biodégradables exempts de substances actives biocides destinés à supprimer les dépôts verts des toitures et façades (par exemple à base d'agents de surface non ioniques).

  • Produits labellisés

Notons qu'en Allemagne, le label l'"Ange bleu" est attribué depuis 2010 aux systèmes de protection des façades qui n'utilisent pas de biocides et que le label suisse Stiftung Farbe (https://stiftungfarbe.org/) permet de distinguer les peintures notamment selon leur concentration en biocides.

Matériaux alternatifs

Des matériaux ne nécessitant pas d'usage de biocide (tels que les briques clinker, la pierre ou les enduits à la chaux) pourraient représenter une solution de substitution.

Végétalisation des murs

La végétalisation des façades pourrait permettre de masquer les désagréments esthétiques causés par les algues et les champignons. Toutefois, la végétation nécessite un entretien régulier pour arroser les plantes, dégager les ouvertures, éviter le soulèvement des tuiles ou la dégradation de certaines parties des bâtiments. Un treillage peut également être nécessaire pour certaines espèces.

Produits phytosanitaires

L'utilisation du diuron étant interdite depuis 2008, la question de sa substitution n'est plus d'actualité, mais notons malgré tout qu'il semble difficile de trouver une substance active alternative idéale de pour remplacer le diuron. En effet, des substances telles que le glyphosate ont été proposés et/ou utilisés mais ont également été identifiées comme dangereuses pour l'environnement. Néanmoins, pratique par pratique, des traitements équivalents peuvent être proposés : les correspondances sont listées, par exemple, dans l'index phytosanitaire (publication ACTA remise à jour annuellement).

Une solution alternative à l'usage de produits phytosanitaires réside dans l'utilisation de procédés ayant un impact plus faible sur les environnements (désherbage manuel, thermique, mécanique, …, ou absence de désherbage).

Production de caoutchouc

Pour mémoire, le diuron peut être employé comme agent de réticulation pour la production de caoutchouc acrylique (ACM).

  • Il existe sur le marché un produit alternatif à l'usage du diuron pour cette application composé d'un mélange d'hexaméthylène diamine carbamate (70%), de liant élastomère (30%) et d'agent dispersant. Il trouve son application dans les joints résistants à l'huile, les tuyaux à base de caoutchouc ACM pour une utilisation dans les véhicules et l'ingénierie (SPECIALCHEM, 2024).

  • Le système de polymérisation HyTemp NPC50 correspondant à un sel d'ammonium quaternaire en dispersion dans un liant élastomère ACM peut, en association avec des savons alcalins, se substituer à la combinaison diuron/savons alcalins (D.V. Rusetskii, 2006).

Production de résines époxy

Nombre de durcisseurs peuvent se substituer au diuron, citons par exemple des amines (la triéthylènetétramine, la tétraéthylènepentamine, la diéthylènetriamine...) et des polyamides réactives (issues de la réaction d'amines avec des polyacides gras) (Source : échanges avec un expert). Notons que certaines amines peuvent s'avérer toxiques pour les organismes aquatiques.

Conclusion

En raison de ses utilisations comme biocide dans le secteur du bâtiment pour la prévention des algues et mousses, le diuron présente des risques environnementaux, notamment en ce qui concerne la contamination des eaux.

Bien que son utilisation soit encadrée par les règlementations biocide et REACH en Europe, des efforts restent nécessaires pour limiter ses rejets et sa présence dans l’environnement.

Des substances actives biocides alternatives sont disponibles mais celles-ci ne sont pas exemptes de risques. Des pistes pour réduire les usages et les rejets de diuron existent : l’adoption de produits alternatifs tels que les peintures minérales ; l’intégration de technologies comme l'ozonation ou la filtration aux systèmes de traitement des STEU; le développement de nouvelles conceptions architecturales.

Rappelons que, dans le cadre de règlementation biocide, le diuron est en cours d’évaluation et, étant classé Carc 1B et identifié comme perturbateur endocrinien, il pourrait remplir deux critères d’exclusion, ce qui pourrait compromettre l’approbation de son utilisation comme biocide.

Bibliographie

Documents

PDF
330-54-1 -- DIURON -- FTE
Publié le 11/02/2016