De par sa structure chimique, la substance spécifique que vous consultez est un des membres de la famille des alkylbenzène sulfonates linéaires (LAS). Nous attirons votre attention sur le fait que certaines sections présentent des informations sur l’ensemble de la famille des LAS et ne sont pas nécessairement toutes propres à cette substance spécifique.

Définition de la famille des LAS

Les alkylbenzènes sulfonates linéaires (LAS pour Linear Alkylbenzene Sulfonates) sont des sels tensioactifs développés dans les années 1960 en vue de remplacer les alkylbenzènes sulfonates ramifiés (BAS pour Branched Alkylbenzene Sulfonates) dont la biodégradabilité était insuffisante. Leur structure chimique consiste en une chaîne alkyle linéaire sur laquelle est fixé (sur possiblement tous les carbones, exceptés les carbones terminaux) un cycle aromatique comportant un groupement sulfonate (en position para) (Ineris, 2024 ; OCDE, 2005). Le groupement sulfonate (chargé négativement) est associé à un cation de faible masse moléculaire : métal alcalin (principalement du sodium), ammonium, éthanolamines…

Cette structure chimique confère aux LAS deux parties de polarités différentes :

  •  la chaîne hydrocarbonée apolaire, hydrophobe et lipophile

  • la fonction sulfonate polaire et hydrophile

Le caractère hydrophobe de la partie hydrocarbonée varie en fonction du nombre d’atomes de carbone : il croît avec la longueur de la chaîne hydrocarbonée.

Figure 1. Structure chimique des LAS  n + m = 7 – 11     M = H, Na, etc…

Figure 1. Structure chimique des LAS

 

Les LAS sont vendus et utilisés sous la forme d’un mélange de sulfonate d'alkylbenzène linéaires dont la longueur de la chaîne alkyle (comprenant généralement entre 10 et 14 atomes de carbone (i.e., C10 à C14)) et l'emplacement du groupe phényle sur la chaîne alkyle varient (à l’exclusion des carbones terminaux).

Avertissement : des alkylbenzène sulfonates présentent des structures chimiques très proches de celle des LAS : la position de liaison de leur cycle benzénique sur la chaîne alkyle est à l’extrémité de la chaîne. Les informations structurelles (c’est-à-dire les formules développées des substances) disponibles ne nous permettent pas de faire systématiquement le distinguo entre ces substances et les LAS. Aussi, nous n’avons pas la garantie que la liste des substances présentée dans le tableau ci-dessous contienne exclusivement des LAS.

 
Tableau 1. Exemples de Linear Alkylbenzene Sulfonate (LAS)


Forme chimique

Longueur chaîne alkyle

N° CAS

Code SANDRE

Sel de sodium

C10

1322-98-1

 

Sel de sodium

C11

27636-75-5

 

Sel de sodium

C12

25155-30-0

68628-60-4

 

Sel de sodium

C13

26248-24-8

 

Sel de sodium

C10-C14

69669-44-9

85117-50-6

 

Sel de sodium

C10-C13

68411-30-3

90194-45-9

127184-52-5

 

Sel de calcium

C10-C13

1335202-81-7

 

Sel de calcium

C10-C14

90194-26-6

 

Sel de calcium

C10

67890-05-5

 

Sel d’aluminium

C12

29756-98-7

 

Sel d’ammonium

C11

61931-75-7

 

Sel d’ammonium

C12

1331-61-9

 

Sel de cadmium

C12

31017-44-4

 

Sel de lithium

C12

29062-27-9

 

Sel de magnésium

C12

27479-45-4

 

Sel de potassium

C12

27177-77-1

 

Sel de zinc

C12

12068-16-5

 

Sel de triéthanolamine

C10-C16

68584-25-8

 

Sel de triéthanolamine

C10-C13

121617-08-1

 

Sel d’éthanolamine

C10-C13

85480-55-3

 

Sel d’isopropylamine

C12

26264-05-1

 

Sel de monoisopropanolamine

C12

54590-52-2

42504-46-1

 

Sel de triéthylamine

C12

27323-41-7

68411-31-4

 

Sel de triéthylamine

C13

61886-59-7

 

Acide

C10

Ces substances correspondent à la dissociation en milieu aqueux de leur substance apparentée.

Les codes SANDRE correspondent à l’ensemble des isomères

8316

Acide

C11

8317

Acide

C12

8318

Acide

C13

8319

Acide

C14

8320

Acide

C10-C14

8321

Identification

Numero CAS

68411-30-3

Nom scientifique (FR)

Acide Benzènesulfonique, Dérivés Alkyles En C10-13, Sels de Sodium

Autres dénominations scientifiques (FR)

Benzènesulfonate de sodium (alkyle linéaire)

Autres dénominations scientifiques (Autre langues)

c10-13 alkylbenzenesulfonic acid, sodium salt ; Sodium alkylbenzene sulfonate ; Linear alkylbenzene sulfonic acid sodium salt ; Linear alkylbenzene sodium sulfonate ; Alkylbenzenesulfonate sodium ; Benzenesulfonic acid, C10-13-alkyl derivs., sodium salts ; Benzenesulfonic acid, linear alkyl-, sodium salt ; Linear alkylbenzenesulfonate, sodium salt ; Straight-chain alkyl benzene sulfonate

Code EC

270-115-0

Code SANDRE

-

Numéro CIPAC

-

Formule chimique brute

\(\ce{ C17H28O3S }\)

Code InChlKey

BBXSRNGXHHCIMV-UHFFFAOYSA-M

Code SMILES

[Na+].O=S(=O)([O-])C1=CC=C(C=C1)CCCCCCCCCCC

Familles

Tableau des paramètres

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Hydrosolubilité 100 mg.L-1
concentration micellaire critique
UNEP (2006) p.357
Densité 1.06 - UNEP (2006) p.357
Pression de vapeur 3,00E-13 Pa
entre 3 et 5E-13 Pa calculé à 25°C pour C12 LAS
UNEP (2006) p.357
Point de fusion 198.5 °C UNEP (2006) p.357
Constante de Henry 0.00635 Pa.m3.mol-1
calculée pour C12
UNEP (2006) p.357
Coefficient de partage octanol/eau (Log Kow) 2.02 - Calcul USETOX (2011)
Coefficient de partage octanol/eau (Log Kow) 3.32 -
calculé pour C11.6 LAS
UNEP (2006) p.357
Ceci est un aperçu

Ce tableau comporte un trop grand nombre d'entrées pour permettre son affichage complet. Pour un affichage complet, utilisez l'une des options ci-dessus.

Bibliographie

Matrices

Atmosphère

Les informations présentées ci-après ont été obtenues à partir des LAS associés aux numéro CAS suivants : 1335202-81-7 et 68411-30-3 (C10-C13) (ECHA, 2025a et ECHA, 2025b). 

A l’aide de modélisation, il est possible de prédire qu’en cas de rejet dans l’environnement plus de la moitié des LAS se répartirait dans les sols, et le reste se retrouverait dans l'eau et les sédiments avec la répartition estimée suivante : 0 % (air), 25,97 % (eau), 56,09 % (sol) et 17,76 % (sédiment). 

La présence dans l’air n’est pas attendue en raison de la faible pression de vapeur à 3.10-13 Pa (valeur calculée pour le LAS C12).

Milieu eau douce

Les informations présentées ci-après ont été obtenues à partir des LAS associés aux numéro CAS suivants : 1335202-81-7 et 68411-30-3 (C10-C13) (ECHA, 2025a et ECHA, 2025b). 

A l’aide de modélisation, il est possible de prédire qu’en cas de rejet dans l’environnement plus de la moitié des LAS se répartirait dans les sols, et le reste se retrouverait dans l'eau et les sédiments avec la répartition estimée suivante : 0 % (air), 25,97 % (eau), 56,09 % (sol) et 17,76 % (sédiment). La biodégradation est la voie principale de disparition des LAS dans l’environnement. 

 

Milieu sédiment eau douce

Les informations présentées ci-après ont été obtenues à partir des LAS associés aux numéro CAS suivants : 1335202-81-7 et 68411-30-3 (C10-C13) (ECHA, 2025a et ECHA, 2025b). 

A l’aide de modélisation, il est possible de prédire qu’en cas de rejet dans l’environnement plus de la moitié des LAS se répartirait dans les sols, et le reste se retrouverait dans l'eau et les sédiments avec la répartition estimée suivante : 0 % (air), 25,97 % (eau), 56,09 % (sol) et 17,76 % (sédiment). La biodégradation est la voie principale de disparition des LAS dans l’environnement. 

Un log Koc > 5 a été déterminé à pH3 et < à 1,5 à pH 10.

Milieu terrestre

Les informations présentées ci-après ont été obtenues à partir des LAS associés aux numéro CAS suivants : 1335202-81-7 et 68411-30-3 (C10-C13) (ECHA, 2025a et ECHA, 2025b). 

A l’aide de modélisation, il est possible de prédire qu’en cas de rejet dans l’environnement plus de la moitié des LAS se répartirait dans les sols, et le reste se retrouverait dans l'eau et les sédiments avec la répartition estimée suivante : 0 % (air), 25,97 % (eau), 56,09 % (sol) et 17,76 % (sédiment). La biodégradation est la voie principale de disparition des LAS dans l’environnement. 

Le coefficient d’adsorption sur les sols du Benzenesulfonic acid, C10-13-alkyl a été déterminé via la méthode HPLC, ligne directrice OCDE 121. Un log Koc > 5 a été déterminé à pH3 et < à 1,5 à pH 10.

Persistance

Biodégradabilité

La biodégradation est le principal moyen de dégradation des LAS. Les LAS sont considérés comme facilement biodégradable dans l'eau, les sédiments et le sol. 

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Biodégradabilité facilement biodégradable -
Ceci est un aperçu

Ce tableau comporte un trop grand nombre d'entrées pour permettre son affichage complet. Pour un affichage complet, utilisez l'une des options ci-dessus.

Dégradabilité abiotique

La structure chimique des LAS ne comporte aucun groupe facilement hydrolysable, la dégradation par hydrolyse n’est ainsi pas attendue. La photodégradation dans l'eau devrait être une voie de dégradation mineure par rapport à la biodégradation. En effet, dans l’eau, la disparition par biodégradation est attendue en moins de deux jours. 

Milieu eau douce

Les LAS sont considérés comme facilement biodégradable dans l'eau

Dans le milieu aquatique, un test de biodégradation facile du Benzenesulfonic acid, C10-13-alkyl a été réalisé (OCDE 301B). Lors de ce test une biodégradation totale a été observée après 28 jours. Ainsi le Benzenesulfonic acid, C10-13-alkyl est considéré comme facilement biodégradable.

En effet, dans l’eau, la disparition par biodégradation est attendue en moins de deux jours. 

Milieu sédiment eau douce

Les LAS sont considérés comme facilement biodégradable dans les sédiments.

Milieu terrestre

Les LAS sont considérés comme facilement biodégradable dans  le sol. 

Dans les sols, la disparition via biodégradation est attendue sous 28 jours. 

Des études réalisées en laboratoire et complétées par la modélisation indiquent que lorsque qu’un mélange standard de LAS (correspondant aux formulations présentes dans les détergents utilisés dans les pays européens (longueur moyenne de la chaîne alkyle = C11,6)) est mélangé à des boues activées, la quasi-totalité (92 à 98 %, Kp = 2 500 L/kg, log Kp = 3,4) est adsorbé sur les boues en moins de 10 minutes puis biodégradé (99 % éliminé). 

Dans les sols amendés avec des boues la demi-vie pour la dissipation des LAS est comprise entre 7 et 22 jours.

Bioaccumulation

Organismes aquatiques

Le potentiel de bioconcentration des LAS a été évalué dans le cadre d'études menées sur le poisson Pimephales promelas. Des BCF de 87 L/kg pour un mélange standard de LAS (correspondant aux formulations présentes dans les détergents utilisés dans les pays européens (longueur moyenne de la chaîne alkyle = C11,6)) et de 22 L/kg pour un échantillon environnemental représentatif issu d’eau filtrée du fleuve Mississippi, longueur moyenne de la chaîne alkyle = C10,8. Un BCF de 99 pour l'isomère 2-phényle de l'homologue C12 a été obtenu chez le poisson. Dans une étude complémentaire, la bioconcentration des LAS a été étudiée chez la crevette marine Palaemonetes varians, un BCF de 159 L/kg a été obtenu. Une étude in vitro démontre que cette faible bioconcentration est due à une biotransformation et biodégradation rapide des LAS associé au potentiel à l'adsorption des LAS sur les particules en suspension et les sédiments qui réduisent ainsi les concentrations dans la colonne d’eau.

Organismes aquatiques
Nom Espèce Valeur Niveau trophique Taxon Matrice Stade de vie Effet Effet détaillé Durée d'exposition Méthode Norme / Ligne directrice Commentaire Source
Bioaccumulation BCF Pimephales promelas 87 L.kg-1

Valeur obtenue pour un mélange standard de LAS (correspondant aux formulations présentes dans les détergents utilisés dans les pays européens (longueur moyenne de la chaîne alkyle = C11,6)

Bioaccumulation BCF Lepomis macrochirus 22 L.kg-1

Valeur obtenue à partir d'un échantillon environnemental représentatif issu d’eau filtrée du fleuve Mississippi, longueur moyenne de la chaîne alkyle = C10,8

Ceci est un aperçu

Ce tableau comporte un trop grand nombre d'entrées pour permettre son affichage complet. Pour un affichage complet, utilisez l'une des options ci-dessus.

Conclusion sur la bioaccumulation

Compte tenu des résultats présentés, la bioconcentration des LAS est attendue comme faible. 

Introduction

Des données écotoxicologiques sont disponibles dans les dossiers d’enregistrement disponibles sur le site de l’ECHA : https://echa.europa.eu/fr/registration-dossier/-/registered-dossier/15879/5/3/1https://echa.europa.eu/fr/registration-dossier/-/registered-dossier/14720/6/2/1.

Dans le cadre de ses travaux, l’Ineris a réalisé en 2024 un état des lieux des valeurs seuils (PNECeau – Predicted No Effect Concentration) disponibles dans la bibliographie pour les LAS. Les résultats sont présentés dans le document intitulé « Recommandation de stratégie pour la surveillance de surfactants dans les eaux de rejets et milieux aquatiques » accessible via le lien suivant : https://www.ineris.fr/fr/recommandation-strategie-surveillance-surfactants-eaux-rejets-milieux-aquatiques

Dangers

Description

Des données écotoxicologiques sont disponibles dans les dossiers d’enregistrement disponibles sur le site de l’ECHA : https://echa.europa.eu/fr/registration-dossier/-/registered-dossier/15879/5/3/1https://echa.europa.eu/fr/registration-dossier/-/registered-dossier/14720/6/2/1.

Valeurs de danger

Valeurs de danger
Nom Espèce Valeur Niveau trophique Taxon Matrice Stade de vie Effet Effet détaillé Durée d'exposition Méthode Norme / Ligne directrice Commentaire Source
CL/CE50 29 mg.L-1 Algue UNEP (2006) p.357
CL/CE50 1.62 mg.L-1 Invertebré UNEP (2006) p.357
CL/CE50 167 mg.L-1 Poisson UNEP (2006) p.357
CL/CE50 1.7 mg.L-1 Invertebré UNEP (2006) p.357
Ceci est un aperçu

Ce tableau comporte un trop grand nombre d'entrées pour permettre son affichage complet. Pour un affichage complet, utilisez l'une des options ci-dessus.

Valeurs écotoxicologiques

Valeurs guides

Synthèse

Dans le cadre de ses travaux, l’Ineris a réalisé en 2024 un état des lieux des valeurs seuils (PNECeau – Predicted No Effect Concentration) disponibles dans la bibliographie pour les LAS. Les résultats sont présentés dans le document intitulé « Recommandation de stratégie pour la surveillance de surfactants dans les eaux de rejets et milieux aquatiques » accessible via le lien suivant : https://www.ineris.fr/fr/recommandation-strategie-surveillance-surfactants-eaux-rejets-milieux-aquatiques

Bibliographie

Introduction

Les alkylbenzènes sulfonates linéaires (LAS) sont des tensioactifs anioniques développés dans les années 1960 pour remplacer les alkylbenzènes sulfonates ramifiés dont la biodégradabilité était insuffisante.

Leur structure chimique comprend une chaîne alkyle linéaire liée (par atome de carbone non terminal) à un cycle aromatique portant un groupe sulfonate. Ces molécules possèdent une partie hydrophobe (chaîne hydrocarbonée) et une partie hydrophile (fonction sulfonate) ce qui leur confère des propriétés tensioactives. Les LAS sont des sels : leur groupement sulfonate (chargé négativement) est associé à un cation : un métal alcalin (généralement du sodium), de l’ammonium, une éthanolamine…

Les LAS ont été identifiés comme Substances Pertinentes A Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface et les sédiments de la France métropolitaine et dans les Départements d’Outre-Mer (DOM), leur surveillance débutera en 2025.

D’un point de vue réglementaire, les LAS sont concernés par le règlement REACH et la réglementation encadrant la production des formules comportant des surfactants (lessives, produits d’entretien…) qui impose un seuil de biodégradabilité.

Les LAS sont commercialisés sous forme de mélanges d'homologues (selon la longueur de la chaîne alkyle) et d'isomères de position (en fonction de la position du cycle aromatique sur la chaîne alkyle). En 2025, la bande de tonnage de LAS C10-C13 reflétant la quantité annuelle fabriquée/importée de ce mélange de substances en Europe (dans le cadre de REACH) était comprise entre 100 000 et 1 000 000 de tonnes. A l’échelle mondiale, porté par la demande croissante de détergents, le marché des LAS serait en croissance et l'Amérique du Nord serait le principal consommateur.

Les LAS sont utilisés dans de nombreuses applications grâce à leur capacité de nettoyage et à leur faible coût. Ils sont présents dans divers produits comme les détergents ménagers (lessives, blocs WC…), les produits de soins personnels, les nettoyants industriels et d'autres secteurs tels que l'industrie textile et la production de papier. La grande majorité de leur consommation est attribuée à des usages par les particuliers. Par conséquent, les stations d’épuration urbaines (STEP) sont des sources d’émissions potentielles. Les taux d’abattement des LAS sont élevés mais compte tenu des concentrations importantes en entrée de station et des grands volumes traités, leur flux d’émissions vers les cours d’eau pourrait être notable. De plus, les STEP pourraient être à l’origine d’émissions vers les sols via l’épandage sur les terres agricoles des boues issues des traitements.

Les LAS C10-C13 font partie des substances les plus fréquemment quantifiées dans les eaux et les sédiments prélevés au cours de la Campagne Emergents Nationaux 2018 (EMNAT 2018). Les LAS ont été identifiés au cours de cet exercice comme moyennement à fortement critiques en se basant sur des indicateurs d’alerte établis par le Réseau de Surveillance chimique Prospective (RSP). Ces indicateurs d’alerte ont été évalués à partir de la comparaison entre les concentrations mesurées et les PNEC associées (fréquence et degré de dépassement) dans l’eau, les sédiments de Métropole ou des DROM.

Il existe sur le marché français des tensioactifs employés dans des produits d’entretien (lessives, blocs WC…) qui pourraient être en mesure de remplacer les LAS tout en ayant un impact environnemental moindre, citons notamment le sodium laureth sulfate (n°CAS 68891-38-3) et le lauryl glucoside (n°CAS 110615-47-9). Ces derniers figurent dans la composition de produits certifiés « Ecolabel Européen ». Notons qu’il semblerait que la substitution des LAS dans les produits- vaisselle soit déjà engagée en France. Des alternatives aux LAS existent également pour le dégraissage des machines et des équipements industriels (dégraissants alcalins, nettoyants enzymatiques, nettoyants à base d’agrumes).

Abstract

Linear alkylbenzene sulfonates (LAS) are anionic surfactants developed in the 1960s to replace branched alkylbenzene sulfonates, whose biodegradability was insufficient.

Their chemical structure comprises a linear alkyl chain linked (per non-terminal carbon atom) to an aromatic ring bearing a sulfonate group. These molecules have a hydrophobic part (hydrocarbon chain) and a hydrophilic part (sulfonate function), giving them surface-active properties. LAS are salts: their sulfonate group (negatively charged) is associated with a cation: an alkali metal (generally sodium), ammonium, ethanolamine...

LAS have been identified as relevant substances to monitor (Substances Pertinentes A Surveiller SPAS) in surface waters and sediments in mainland France and the French Overseas Departments (DOM), and their monitoring began in 2025.

From a regulatory point of view, LAS are covered by regulations governing the production of formulas containing surfactants (detergents, cleaning products, etc.), which impose a biodegradability requirement.

LAS are marketed as mixtures of homologues (based on the length of the alkyl chain) and positional isomers (based on the position of the aromatic ring on the alkyl chain). In 2025, the tonnage band for C10-C13 LAS reflecting the annual quantity manufactured/imported of this mixture of substances in Europe (under REACH) was between 100,000 and 1,000,000 tonnes. On a global scale, driven by growing demand for detergents, the LAS market is said to be growing, with North America the main consumer.

LAS are used in a wide range of applications thanks to their cleaning power and low cost. They can be found in household detergents (washing powders, toilet blocks, etc.), personal care products, industrial cleaners and other sectors such as the textile industry and paper production. The vast majority of their consumption is attributed to uses by private individuals. Consequently, urban wastewater treatment plants (WWTPs) are potential sources of emissions. The removal rates of LAS are high, but given the high concentrations at plant inlets and the large volumes treated, their flow of emissions into rivers is likely to be significant. In addition, WWTPs could be the source of emissions to soil via the spreading of sludge from treatment processes on agricultural land.

LAS C10-C13 are among the substances most frequently quantified in water and sediments sampled during the 2018 National Emergents Campaign (EMNAT 2018). LAS were identified during this exercise as moderately to highly critical based on alert indicators established by the Prospective Chemical Monitoring Network (Réseau de Surveillance Chimique Prospective - RSP). These alert indicators were assessed on the basis of a comparison between measured concentrations and associated PNEC (frequency and degree of exceedance) in water and sediments in the mainland France and French overseas departments and territories.

On the French market, there are surfactants used in cleaning products (detergents, toilet blocks, etc.) which could replace LAS while having a lower environmental impact, such as sodium laureth sulfate (n°CAS 68891-38-3) and lauryl glucoside (n°CAS 110615-47-9). The latter are included in the composition of “European Ecolabel” certified products. It should be noted that the substitution of LAS in dishwashing products is already underway in France. Alternatives to LAS also exist for degreasing industrial machinery and equipment (alkaline degreasers, enzymatic cleaners, citrus-based cleaners).

Tableaux de synthèse

Généralités

Généralités
CAS 68411-30-3
Substance prioritaire dans le domaine de l’eau (DCE) non
Substance soumise à autorisation dans Reach non
Substance soumise à restriction dans Reach non
Substance extrêmement préoccupante (SVHC) non
Réglementations

Les paragraphes ci-après présentent les principaux textes en vigueur à la date de la rédaction de cette rubrique encadrant la fabrication, les usages et les émissions des LAS. Cet inventaire n’est pas exhaustif.

Reach

Aucun LAS n’est soumis à autorisation ou à restriction. Aucun LAS n’a été identifié comme substance extrêmement préoccupante.

Des dossiers d’enregistrement sont disponibles pour les LAS associés aux numéro CAS suivants : 1335202-81-7, 68411-30-3, 1331-61-9.

Autres textes

Eaux de surface

Les LAS C10-C14 ont été identifiés comme Substances Pertinentes A Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface et les sédiments de la France métropolitaine et dans les Départements d’Outre-Mer (DOM)1. Cette surveillance a pour but d’améliorer la connaissance de l'imprégnation des milieux par ces substances et des risques associés. Etant des SPAS de catégorie C, l’arrêté prévoit que les LAS C10-C14 soient surveillés à partir de 2025..

1 Arrêté du 25/01/10 établissant le programme de surveillance de l'état des eaux en application de l'article R. 212-22 du code de l'environnement

Notons que les LAS étant des sels, leur quantification en milieu aqueux concerne uniquement la partie anionique de la molécule. Ces anions n’ont pas de numéro CAS mais des codes SANDRE leur ont été attribués (cf. tableau ci-dessous).

 

Tableau 2. Codes SANDRE des anions LAS C10-C14
Forme chimiqueLongueur chaîne alkyleSANDRE
AcideC108316
AcideC118317
AcideC128318
AcideC138319
AcideC148320
AcideC10-C1428321

2 Somme des C10 à C14

Règlementations sectorielles

Cosmétiques

Les LAS ne font pas partie de la liste des substances interdites ou soumises à restriction dans les produits cosmétiques commercialisés en Union Européenne (Règlementation 1223/2009/EC sur les Produits Cosmétiques)3.

3 Règlement (CE) 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques

Détergents

Les LAS satisfont à la réglementation CE 648/20044 qui impose aux tensioactifs une biodégradabilité minimale de 60% en 28 jours.

4 Règlement (CE) n o 648/2004 du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 relatif aux détergents (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)

Valeurs et normes appliquées en France

Seuils de rejets pour les installations classées et les stations de traitement des eaux usées

La famille des LAS est citée dans le BREF textile pour la mise en place d’une surveillance des rejets aqueux, sans que des préconisations techniques ne soient données.

Normes de qualité environnementale (NQE) et valeur guide environnementale (VGE)

Aucune Normes de qualité environnementale (NQE) ou valeur guide environnementale (VGE) n’est disponible pour les LAS.

Valeurs appliquées pour la qualité des eaux de consommation

Les LAS ne figurent pas dans la directive européenne sur l’eau potable entrée en vigueur le 12 janvier 2021 (directive (UE) 2020/2184 du 16 décembre 2020, refonte de la directive 98/83/CE) (AIDA-Ineris, 2025).

Production et utilisation

Production et ventes

Données économiques

Pour mémoire, la structure des LAS est composée d'une chaîne alkyle avec différents nombres d'atomes de carbone, tandis que la partie hydrophile correspond au groupe sulfonate. Le groupe benzenesulfonate peut être attaché à n'importe quel atome de carbone de la chaîne alkyle, à l'exception des carbones terminaux.

Les LAS sont vendus et utilisés sous la forme d'un mélange d'homologues (en fonction de la taille de la chaîne alkyle) et d'isomères de position (en fonction de la position de l'anneau aromatique sur la chaîne alkyle).

En 2005, un rapport de l’OCDE indiquait que les solutions de LAS commerciales étaient constituées de mélanges dans lesquels la longueur moyenne de la chaîne alkyle se situait entre 11,7 et 11,8 (ceci résultant d'un compromis entre le pouvoir nettoyant et l'écotoxicité des substances) ; c’est pour cette raison que ce mélange de produits peut être appelé par certains producteurs « dodécylbenzène sulfonate ». Pour l'Europe, ce rapport donnait des proportions de l’ordre de 8 à 20 % pour le C10, 19 à 39 % pour le C11, 20 à 50 % pour le C12, 5 à 23 % pour le C13 et 1 à 3 % pour le C14. Il est à noter que ces proportions ont été déterminées indépendamment de la position du cycle sur la chaîne carbonée (OCDE, 2005).

Les précurseurs de LAS sont principalement des sels, il peut s’agir de sels de sodium, de calcium, d’ammonium, de potassium… En termes de tonnage, les sels de sodium représentent la quasi-totalité des précurseurs de LAS.

  • En France

En France, neuf fournisseurs, importateurs ou producteurs de sel sodique de l'acide alkylbenzène sulfonique linéaire C10-C13 (n°CAS 68411-30-3) sont déclarés dans le cadre de REACH1, il s’agit des sociétés suivantes : Adeka Polymer Additives Europe, Arkema, Innospec Performance Chemicals, Lubrizol, McBride, Shepherd Europe et Stepan Europe (ce type d’informations n’est pas disponible sur le site de l’ECHA pour la coupe C10-C14 (n°CAS 69669-44-9)).

  • En Europe

D’après un site d’étude de marché, approximativement 60% des lessives liquides et liquides vaisselle en Europe contiendraient des LAS (Global growth insights, 2025).

En 2025, la bande de tonnage des LAS C10-C13, sels de sodium (n°CAS 68411-30-3) reflétant la quantité annuelle fabriquée/importée de ces substances en Europe (dans le cadre de REACH) était comprise entre 100 000 à 1 000 000 tonnes2 (il n’y a pas de bande de tonnage pour la coupe C10-C14 (n°CAS 69669-44-9) sur le site de l’ECHA). La consommation annuelle de LAS en Europe a été estimée en 2005 à 430 000 tonnes dont près de 350 000 tonnes destinées à un usage domestique (HERA, 2013).

En 2025, 91 déclarants (fournisseurs, importateurs ou producteurs) de LAS C10-C13, sels de sodium (n°CAS 68411-30-3) étaient répertoriés sur le site de l'ECHA, le tableau ci-dessous indique leur répartition géographique.

Tableau 3. Répartition des déclarants de LAS C10-C13, sels de sodium (ECHA, 2025)
 PaysNombre de déclarants
Austria1
Belgium8
Bulgaria1
Czech Republic5
Denmark1
Finland1
France8
Germany16
Greece2
Ireland3
Italy14
Netherlands4
Norway1
Poland9
Romania3
Spain12
Sweden2
Total91

Notons que le site de l'ECHA rapporte une bande de tonnage supérieure à 1000 tonnes pour les LAS C10-C13, sels de calcium.

1 Brief Profile - ECHA

2 Substance infocard - ECHA

  • Dans le monde

Les informations économiques ci-dessous concernent l’ensemble des LAS et non-exclusivement les LAS C10-C14, néanmoins il est admis que cette coupe est la plus produite dans le monde.

Selon plusieurs sites d’étude de marché, le marché des LAS pourrait connaître une croissance importante dans les années à venir : estimé à 8,95 milliards de dollars en 2024, il pourrait passer à 13,14 milliards de dollars d'ici 2034. Les principaux moteurs de ce marché seraient la demande croissante de détergents et de produits de nettoyage, en particulier dans les économies émergentes. Toutefois, la volatilité des prix des matières premières et les réglementations pourraient réduire cette croissance. La figure ci-dessous illustre la répartition géographique des niveaux de croissance du marché des LAS (Market Research Future, 2025 ; Mordor Intelligence, 2025).

Une image contenant carte, atlas, Monde, texte

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

Figure 2. LAS – Taux de croissance (Mordor Intelligence, 2025)

 

L'Amérique du Nord représenterait la plus grande part du marché mondial des LAS, avec une consommation importante provenant des États-Unis et du Canada.

Le site d'étude de marché Mordor Intelligence a identifié les sociétés BASF SE, Stepan Company, Hansa Group AG, Clariant et Croda International Plc comme étant les principales entreprises présentes sur le marché des LAS (Mordor Intelligence, 2025).

D’après le site d’étude de marché Market Research Future, les cinq premiers acteurs représenteraient plus de 50 % du marché.

En 2012, le prix des alkylbenzène sulfonate de sodium était inférieur à 1 euro par kilogramme (IAR Vandeputte, 2012). Le prix appliqué en 2025 est comparable à celui de 2012, suggérant une stabilité relative du tarif sur cette période (Imarc, 2025).

Procédés de production

La synthèse des alkylbenzène sulfonates s’effectue en deux étapes (Techniques de l’Ingénieur, 1998) :

  1. Production d’alkylbenzène par condensation d’alcanes ou d’alcènes sur un cycle aromatique ;

  2. Sulfonation des alkylbenzènes et neutralisation des acides sulfoniques.

Production d’alkylbenzène

Quatre procédés peuvent être utilisés pour la production industrielle d’alkylbenzènes linéaires (Techniques de l’Ingénieur, 1998) :

1) transformation d’un alcane linéaire en chloroalcane et condensation de celui-ci sur le benzène en présence de trichlorure d’aluminium ;

2) transformation d’un alcane linéaire en alcène linéaire et condensation de celui-ci sur le benzène en présence de trichlorure d’aluminium ;

3) déshydrogénation d’alcane linéaire en alcène linéaire et condensation de celui-ci sur le benzène, en présence d’acide fluorhydrique ou d’un catalyseur à base de silice et d'alumine tel que le DA-114 (procédé DETAL d’UOP) ;

4) condensation d’un alcène-1 (l’insaturation se situe sur le premier atome de carbone) sur le benzène en présence d’acide fluorhydrique.

Selon Techniques de l’Ingénieur, la déshydrogénation d’un alcane linéaire et la condensation de l’alcène ainsi obtenu sur le benzène est le procédé prédominant, du fait de son coût et de la qualité obtenue pour le produit final.

Notons que le procédé DETAL développé par UOP offre des avantages par rapport au procédé impliquant de l’acide fluorhydrique (HERA, 2013 ; Global Growth Insights) :

  • réduction de 20 % des coûts d’exploitation (simplification du processus, suppression des acides HF et HCl) ;
  • augmentation globale du rendement de production de 15% ;
  • amélioration de la qualité de l’alkylbenzène.

Cette première étape de la synthèse peut mettre en jeu des coupes d’alcanes et d’alcènes contenant des chaînes ayant 10, 11, 12 et 13 atomes de carbone et génère par conséquent des mélanges d’homologues et d’isomères. À titre d’exemple, la répartition des homologues et des isomères d’un alkylbenzène en C10-C13, obtenu par catalyse acide fluorhydrique, est donné ci-dessous (en % molaire ou massique) :

  • Homologues :

R en C10 .............. environ 10 %

R en C11 .............. environ 35 %

R en C12 .............. environ 35 %

R en C13 .............. environ 20 %

  • Isomères :

phényl-2-alcanes ..................................................... environ 18 %

phényl-3-alcanes ..................................................... environ 18 %

phényl-4-alcanes ..................................................... environ 18 %

phényl-5-alcanes ..................................................... environ 27 %

phényl-6-alcanes + phényl-7-alcanes ....................... environ 19 %

 

Production d’alkylbenzène sulfonate

La sulfonation des alkylbenzènes est réalisée en continu à l’aide de trioxyde de soufre (SO3) dilué avec de l’air sec. Cette étape produit des acides alkylbenzènesulfoniques, et, après neutralisation (le plus souvent avec de la soude mais aussi avec d’autres bases telles que l’ammoniaque ou des amines), des alkylbenzènesulfonates (le plus courant étant le sel de sodium LAS). Les acides alkylbenzènesulfoniques peuvent être commercialisés, la neutralisation étant réalisée par le client au moment de la formulation (Techniques de l’Ingénieur, 1998 ; Domingo, 1996).

Utilisations

Introduction (varitétés d'utilisations)

La fonction sulfonate hydrophile et la chaîne alkyle hydrophobe confèrent aux LAS de bonnes propriétés détergentes. Ces propriétés, associées à un faible coût de production font des LAS des tensioactifs utilisés dans une large gamme d'applications :

- Détergents ménagers (dont les lessives liquides ou en poudre)

- Produits de soins personnels et cosmétiques (crèmes de soins, crèmes solaires, shampooings…)

- Nettoyants industriels (dégraissage et nettoyage des machines et équipements)

- Autres secteurs industriels (industrie textile, procédés de polymérisation en émulsion, production de papier, de cuir, de produits phytosanitaires…)

La figure ci-dessous illustre la répartition des ventes mondiales de LAS par application, notons que les usages par les particuliers (détergents, nettoyants vaisselle et produits de soins personnels) représenteraient plus des ¾ de la consommation.

Figure 3. Répartition par applications des parts de marché des LAS (marché mondial) (%) (Coherent Market insights, 2025)

Rejets dans l’environnement

Sources naturelles

Les LAS C10-C14 sont des substances anthropogéniques, par conséquent leurs rejets dans l'environnement ne sont pas d'origine naturelle.

Sources non-intentionelles

Nous n’avons pas identifié de sources non-intentionnelles.

Émissions atmosphériques

Les émissions atmosphériques de LAS C10-C14 ne sont pas soumises à déclarations dans le registre E-PRTR ni dans le Registre national des Emissions Polluantes. Nous ne disposons pas d’éléments sur leur émission atmosphériques par ces sources ou d’autres sources (domestiques, agricoles, industrielles).

Émissions vers les eaux

Les sels de LAS se dissocient en milieu aqueux en générant des cations et des anions LAS. Les concentrations quantifiées en milieu aqueux sont donc celles de l’anion LAS (aussi appelé « acide LAS ») qui peut également provenir de la dissociation d’autres sels (sels de calcium, d’ammonium, de potassium… …), même s’il est admis que les sels sodiques sont les principaux contributaires. Ces anions n’ont pas de numéro CAS mais des codes SANDRE leur ont été attribués, le tableau ci-dessous les compile.

 

Tableau 5. Codes SANDRE des anions LAS
Forme chimiqueLongueur chaîne alkyleSANDRE
AcideC108316
AcideC118317
AcideC128318
AcideC138319
AcideC148320
AcideC10-C148321

 

Emissions industrielles

Registre national des Emissions Polluantes

Les émissions de LAS C10-C14 vers les eaux ne sont pas soumises à déclaration dans le registre E-PRTR ni dans le Registre national des Emissions Polluantes.

Campagne de mesure menée par le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon

Entre 2016 et 2019, le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA a mené une étude portant sur les tensioactifs émis dans le bassin d’Arcachon (ELOA, 2020). Lors de ces campagnes de mesure, les LAS C10-C14 ont été analysés dans les eaux traitées de l’industrie papetière Smurfit Kappa Cellulose du Pin (SKCP) et dans les effluents du Pôle de Santé d’Arcachon (PSA).

Les concentrations en LAS en phase dissoute et dans les MES des eaux traitées du site SKCP sont respectivement comprises entre 2 et 21µg/l et entre 73 et 191 mg/kg. Il n’a pas été possible d’attribuer de façon précise ces émissions à une étape de la production de papier. Notons que les concentrations des effluents de la papeterie sont du même ordre de grandeur que celles des effluents des STEP municipales (cf. rubriques Eau de rejets de STEP).

Trois prélèvements ont été réalisés entre 2016 et 2017 au niveau du poste de relevage du Pôle de Santé d’Arcachon (en amont de la STEP). L’analyse de ces échantillons a révélé :

  • des concentrations moyenne en LAS C10-C13 dans la phase dissoute comprises entre 140 et 495 µg/l (plus la chaine hydrocarbonée du LAS en courte, plus sa concentration est importante)
  • des concentrations en LAS dans la phase particulaire de l’ordre de plusieurs dizaines de mg/kg (la concentration la plus élevée étant celle du LAS C13).

Pour mémoire, les LAS peuvent être présents dans les lessives employées dans les blanchisseries en milieu hospitalier pour le nettoyage des vêtements du personnel soignant et des patients, ainsi que divers produits d’hygiène et détergents.

 

Eaux de rejets de STEP

Entre 2015 et 2020, différentes campagnes de mesures de LAS ont été réalisées au niveau des eaux de rejets de STEP françaises. Sans informations précises sur les STEP concernées (traitements appliqués, capacité Equivalent-Habitant (EH)…), il est relativement délicat de comparer ces données entre elles et les résultats disponibles sont d’ailleurs assez hétérogènes. Notons cependant que pour les campagnes EMNAT et SIBA le LAS C11 présente les concentrations les plus importantes en phase dissoute.

 
Campagne Emergents Nationaux (EMNAT 2018)

Les LAS C10-C14 ne font pas partie des substances étudiées lors de la 3ème campagne de mesure des micropolluants dans les rejets de STEU (Ineris, 2020) effectuée entre 2017 et 2020. Néanmoins, des mesures d’anions LAS C10-C14 ont été réalisées dans six eaux de rejet provenant de six stations d’épuration métropolitaines différentes lors de la Campagne Emergents Nationaux (EMNAT) organisée en 2018 (Ineris, 2020).

Les anions LAS C10 à C13 étaient présents dans la phase dissoute des 6 échantillons analysés avec des concentrations moyennes comprises entre 1,14 et 5,85 μg/L. L’anion LAS C14 n’a été quantifié qu’une fois en phase dissoute avec une concentration de 0,77 µg/l.

 
Campagne de mesure menée par le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon

Entre 2016 et 2018, les LAS C10-C14 ont été quantifiés dans les eaux usées (d’origine domestique) brutes et traitées des trois stations d’épuration publiques du Bassin d’Arcachon, à savoir : Biganos, La Teste de Buch, Cazaux (ELOA, 2020).

Toutes substances confondues, les concentrations en phase dissoute moyennes en entrée et en sortie de STEP sont respectivement comprises entre 8,6 µg/l et 1253 µg/l et entre 3,6 et 69 µg/l. Les concentrations minimales en entrée et en sortie de station correspondent à des mesures de LAS C14 et les concentrations maximales à des mesures de LAS C11. Les abattements moyens sont compris entre 94 % et 97 % pour les LAS C10-C13 (compte tenu des faibles niveaux de concentration de LAS C14, il n’a pas été permis de calculer des taux d’abattement).

Au cours de cette campagne, les LAS C10-C14 ont également été quantifiés dans les matières en suspension (MES) présentes en entrée et en sortie de station. Les concentrations moyennes mesurées sont élevées : de l’ordre de plusieurs centaines de mg/kg. Les taux d’abattement dans les MES sont globalement satisfaisants et supérieurs à 90%.

 
Base de données NORMAN EMPODAT

La base de données NORMAN EMPODAT [1] est une base de données géoréférencées de surveillance de substances émergentes dans les diverses matrices (eau, sédiments, biote, sol, boues d'épuration…). Cette base compile 66 mesures de LAS C10 dans la fraction dissoute d’effluents de STEP localisées en France effectuées entre 2015 et 2018. La concentration moyenne et la fréquence de quantification de l’anion LAS C10 s’élèvent respectivement à 812 µg/l à 91%. Les LAS C11, C12 et C13 ne présentent chacun qu’une seule mesure, respectivement 121 ; 91,2 et 27,7 µg/l.

[1] https://www.norman-network.com/nds/empodat/

Émissions vers les sols

Emissions industrielles

Les émissions de LAS C10-C14 vers les sols ne sont pas soumises à déclarations dans le registre E-PRTR ni dans le Registre national des Emissions Polluantes.

 

Boues de STEP

Contamination des sols par les boues de STEP

L’adsorption des LAS au sein des agrégats bactériens et leur biodégradation par les micro-organismes en présence d'oxygène sont les deux mécanismes d’élimination des LAS par les traitements à boues activées des STEP.

Les LAS pouvant être confrontés de manière transitoire à des zones anaérobies (par exemple lors du stockage des boues), leur biodégradation pourrait ponctuellement être limitée ce qui pourrait impliquer leur accumulation dans les boues (d’après Cadoret, les concentrations pourraient varier de 0,1 à 10 g/kg) (Cadoret, 2004).

Ces boues peuvent ensuite être utilisées en agriculture comme engrais, incinérées ou mises en décharge.

La valorisation agricole des boues de STEP pourrait donc constituer une voie de contamination des sols agricoles.

En 2022, la France a éliminé 1 028 280 tonnes de boues de stations d’épuration par quatre voies d'élimination (EUROSTAT[1]) :

  • L'épandage agricole (861 kT – 84 %), soit par épandage direct (334 kT – 32 %), soit suite à une étape de compostage[2] (527 kT – 51 %)
  • L'incinération (138 kT – 13 %)[3]
  • La mise en décharge (2.8 kT – 0.3 %)
  • Autres voies non-déterminées (27 kT – 2.6 %)

La Figure ci-dessous illustre la répartition des différentes voies d'élimination des boues des stations d’épuration française en 2022.

Figure 4. Destination des boues d'épuration en France en 2022 (en %)
Figure 4. Destination des boues d'épuration en France en 2022 (en %)

 

L’article (Mailler et al, 2017) présente des données sur la contamination par les LAS C10, C11, C12 et C13 de boues brutes et de « gâteaux » de boues de trois STEP de l’agglomération parisienne (Seine Aval, Seine Centre and Seine Grésillons). 

Les «gâteaux» de boues destinés à l’épandage agricole sont produits après une succession de traitements appliqués aux boues brutes, tels que la centrifugation, la digestion anaérobie, la déshydratation ou encore le séchage.

La teneur médiane de la somme des LAS dans les gâteaux s’élève à 8821 mg/kg MS (matière sèche) (cf. figure ci-dessous). Puisqu'en 2022, 334 000 tonnes de boues ont été épandues en France, en se basant sur cette concentration médiane, le flux moyen annuel de la somme des LAS C10, C11, C12 et C13 lié à l'épandage des boues pourrait s'élever à 2 946 tonnes (cette estimation ne prend pas en compte l'épandage des boues compostées qui pourraient également être susceptibles de contenir des LAS).

Figure 5. Concentrations massiques de LAS C10, LAS C11, LAS C12 et LAS C13 dans les "gâteaux" boue de STEP (Mailler et al, 2017)
Figure 5. Concentrations massiques de LAS C10, LAS C11, LAS C12 et LAS C13 dans les "gâteaux" boue de STEP (Mailler et al, 2017)

[2] le compostage consiste à mélanger les boues avec des déchets verts pour qu'elles soient dégradées par des bactéries, champignons… en présence d'oxygène

[3] L’incinération des boues de STEP est traitée dans la rubrique « Surveillance des PFAS dans les rejets atmosphériques des incinérateurs »

 

Campagne Emergents Nationaux (EMNAT 2018)

Lors de la 3ème campagne de mesure des micropolluants dans les rejets de STEU (RSDE STEU 3), effectuée entre 2017 et 2020, les LAS C10-C14 ne faisaient pas partie des substances d’intérêt.

Cependant, lors de la Campagne Emergents Nationaux (EMNAT) organisée en 2018 (Ineris, 2020), des mesures d’anions LAS C10-C14 ont été effectuées dans les boues de sept stations d’épuration métropolitaines.

Les anions LAS C10 à C13, ont été quantifiés dans les 7 échantillons analysés à des concentrations moyennes comprises entre 0,007 et 0,122 g/kg. Parmi les sept échantillons de boue analysés, deux présentaient des niveaux d’anion LAS C14 quantifiables, leur concentration moyenne s’élevant à 0,001 µg/kg.

Base de données NORMAN-EMPODAT

La base de données NORMAN-EMPODAT [1] recense sept données de concentration d’anion LAS-C10 dans des boues de STEP : les analyses ont été effectuées en 2016 sur des boues issues de six STEP urbaines et d’une STEP reliée à un hôpital. L’anion LAS-C10 a été quantifié à chaque fois avec une concentration moyenne de 0,013 µg/kg.

[1] https://www.norman-network.com/nds/empodat/

Présence environnementale

Atmosphère

Compte tenu de la faible pression de vapeur des LAS C10-C14, il est peu probable que des quantités significatives soient présentes dans l’atmosphère (à titre d’exemple, les pressions de vapeur du LAS C13 et du LAS C12 s’élèvent toutes deux à 3,00E-13 Pa).

Aquatique

Les sels de LAS se dissocient en milieu aqueux générant des cations et des anions LAS. Les concentrations quantifiées en milieu aqueux sont donc celles de l’anion LAS (aussi appelé « acide LAS ») qui peut également provenir de la dissociation d’autres sels (sels de calcium, d’ammonium, de potassium… …), même s’il est admis que les sels sodiques sont les principaux contributaires. Ces substances n’ont pas de numéro CAS mais des codes SANDRE leur ont été attribués, le tableau ci-dessous les compile.

 

Tableau 6. Codes SANDRE des anions LAS C10-C14
Forme chimiqueLongueur chaîne alkyleSANDRE
AcideC108316
AcideC118317
AcideC128318
AcideC138319
AcideC148320
AcideC10-C148321

Note - Analyse quantitative : la distinction entre les formes LAS (congénères linéaires) et BAS (congénères ramifiés) est aisée d’un point de vue chromatographique, mais elle l’est moins en termes de nomenclature et référencement. Bien que les compositions des différents mélanges de LAS soient similaires, il est nécessaire de faire remarquer que la proportion de chaque longueur de chaîne carbonée dans le mélange reste variable. Aussi, à des fins de quantification, il est donc fortement recommandé aux laboratoires de caractériser précisément chaque lot de leur mélange avant utilisation. Ceci leur permettra de s’assurer d’une part que le mélange acheté correspond bien aux formes LAS (et non pas BAS ou mélange) et d’autre part de s’assurer de la composition du mélange pour fournir une quantification fiable (Ineris,2023). 

 

Suivi des SPAS

Les anions LAS C10-C14 ont été identifiés comme Substances Pertinentes A Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface et les sédiments de la France métropolitaine et dans les Départements d’Outre-Mer (DOM)1. Etant des SPAS de catégorie C, ces substances seront surveillées à partir de 2025, par conséquent, à la date de rédaction de cette rubrique, nous ne disposons pas de ces données de surveillance.

1 Arrêté du 25/01/10 établissant le programme de surveillance de l'état des eaux en application de l'article R. 212-22 du code de l'environnement

              

Campagne Emergents Nationaux 2018

La Campagne Emergents Nationaux (EMNAT) organisée en 2018 sur 98 sites répartis sur tout le territoire français (72 sites en métropole et 19 sites dans les Départements et Régions d’Outre-Mer) a permis de générer des mesures d’anions LAS C10-C14 dans des eaux de surface et des sédiments (Ineris, 2020). Les sites investigués comprennent :

  • des stations du Réseau Référence Pérenne

  • des stations soumises à diverses pressions :

    • pression agricole (100 % de surface agricole ou élevages en amont et absence de STEP)

    • pression urbaine (présence d’un hôpital en amont avec impact sur le cours d’eau ou présence d’une STEP ou présence d’au moins 10 codes TEF2 pertinents sur le bassin versant)

  • des stations sélectionnées sur un continuum fluvial présentant des variations d’occupation des sols de l’amont vers l’aval

  • une station en eaux littorales par bassin

  • une station d’épuration par bassin située sur le continuum fluvial

2 Le code TEF est le code attribué à chaque catégorie d'activités polluantes définies au sein de par l'arrêté du 28 octobre 1975.

Dans le cadre de cette étude, les fréquences de quantification des anions LAS C10-C14, les niveaux de concentration mesurés et la criticité des dépassements de leur PNEC ont été présentés et discutés.

En matière d’imprégnation des substances dans les milieux, les anions LAS C10-C13 font partie des substances les plus fréquemment quantifiées dans les eaux et les sédiments en métropole comme dans les DROM (cf. tableau ci-dessous). Les fréquences de quantification dans l’eau sont comprises entre 82 et 98 %, et entre 35 et 57 % dans le sédiment. Les concentrations médianes de ces substances dans l’eau s’échelonnent entre 0,13 et 2,1 μg/L, et entre 24,8 et 252 µg/kg dans les sédiments (cf. tableau ci-dessous).

Avec une fréquence de quantification comprise entre 2,5 et 10,9% dans les eaux et entre 7,1 et 13,2% dans les sédiments, la présence de l’anion LAS C14 est moins commune dans les milieux de la métropole et des DROM que celle de ses congénères. En comparaison avec les anions LAS C10-C13, ses concentrations médianes sont globalement moindres dans les eaux et bien plus élevés dans les sédiments : les concentrations médianes oscillent entre 0,16 et 0,30 dans les eaux et entre 292 et 1198 µg/kg dans les sédiments.

 

Tableau 7. Fréquence de quantification des anions LAS C10-C14 dans les eaux de surface et les sédiments lors de la Campagne Émergents Nationaux (EMNAT 2018)
Tableau 7. Fréquence de quantification des anions LAS C10-C14 dans les eaux de surface et les sédiments lors de la Campagne Émergents Nationaux (EMNAT 2018)

 

 

Tableau 8. Concentration des anions LAS C10-C14 dans les eaux de surface et les sédiments lors de la Campagne Émergents Nationaux (EMNAT 2018)
Tableau 8. Concentration des anions LAS C10-C14 dans les eaux de surface et les sédiments lors de la Campagne Émergents Nationaux (EMNAT 2018)

 

Sur la base de la fréquence spatiale et du degré de dépassement de la PNEC des niveaux de criticité dans les échantillons d’eau et de sédiment ont été déterminés par le Réseau de Surveillance chimique Prospective (RSP) comme suit :

  • Les substances fortement critiques présentent une fréquence spatiale de dépassement de la PNEC (provisoire, voir ci-dessous) supérieure à 35 % et/ou un degré de dépassement de la PNEC supérieur à 100 (*)

  • Les substances moyennement critiques se caractérisent par une fréquence spatiale de dépassement de la PNEC comprise entre 7 et 35 % et/ou un degré de dépassement de la PNEC compris entre 10 et 100

  • Les substances faiblement critiques se définissent par une fréquence spatiale de dépassement de la PNEC inférieure à 7 % et un degré de dépassement de la PNEC inférieur à 10

(*) le degré de dépassement de la PNEC est calculé de la manière suivante :

𝐷𝑒𝑔𝑟é 𝑑é𝑝𝑎𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑃𝑁𝐸𝐶 = 𝑀𝐸𝐶95/𝑃𝑁𝐸𝐶

avec MEC95, le 95ème percentile des concentrations maximales par station relevées pour une substance donnée.

Nota bene : Les LAS ne disposant pas de PNEC, les niveaux de criticité ont été établis sur la base de PNEC proposées à partir d’une recherche bibliographique limitée et avec une expertise sommaire compte-tenu du nombre important de substances à traiter dans le cadre de cette étude. Par conséquent, ces données doivent être utilisées avec prudence.

Les indicateurs d’alerte du LAS C14 dans l’eau et le sédiment n’ont pas pu être déterminés, faute de valeurs de PNEC.

Dans les eaux métropolitaines et des DROM, les LAS ont été reconnus soit comme des substances fortement critiques (c’est le cas des LAS C11 à C13), soit comme des substances moyennement critiques (dans le cas du LAS C10) (cf. tableau ci-dessous).

Dans le cas des sédiments de la métropole et des DROM, les LAS C12 à C13 et le LAS C11 ont été identifiés respectivement comme substances fortement critiques et substance moyennement critique. Le LAS C10 a été déterminé comme faiblement critique dans les sédiments de la métropole et moyennement critique dans ceux des DROM. Notons que le LAS C10 ne fait pas partie des substances faiblement critique, car ayant été quantifiées à des concentrations systématiquement inférieures à la PNEC provisoire.

 

Tableau 9. Niveaux de criticité des LAS C10-C13 dans les eaux et sédiments de la France métropolitaine et des DROM

Terrestre

La base de données Ades3 ne recense aucune donnée de mesure de LAS dans les eaux souterraines françaises.

La base de données NORMAN-EMPODAT4 ne fait aucune référence à des mesures de LAS effectuées dans les matrices sols et eaux souterraines du territoire français.

3 https://ades.eaufrance.fr/Recherche/Index/PiezometreAvance?g=f78129

4 https://www.norman-network.com/nds/empodat/

Perspectives de réduction

Réduction des rejets

Alternatives aux usages

Conclusion

En France, les LAS sont des tensioactifs très majoritairement employés par les particuliers, notamment dans les lessives.

Bien que le taux d’abattement des LAS soit élevé, les stations d'épuration peuvent représenter une source d’émissions notable de ces substances pour les cours d’eau et les terres agricoles.

La campagne Emergents Nationaux (EMNAT 2018) a d’ailleurs mis en lumière leur présence quasi ubiquitaire dans les eaux et sédiments prélevés. En raison de leurs potentiels impacts environnementaux, les LAS seront désormais surveillés dans les eaux et sédiments en France à partir de 2025, ce qui permettra d’affiner la connaissance de leur présence sur le territoire.

Des alternatives aux LAS (telles que le sodium laureth sulfate (n°CAS 68891-38-3) et le lauryl glucoside (n°CAS 110615-47-9)) sont disponibles et déjà largement utilisées dans certains produits comme les lessives et les liquides-vaisselle. De même, il existe sur le marché des produits aptes à remplacer les LAS pour le dégraissage des machines et des équipements industriels : des dégraissants alcalins, des nettoyants enzymatiques, des nettoyants à base d’agrumes. Des solutions de substitution sont en cours de développement pour l’extraction pétrolière. L’application de bonnes pratiques d’utilisation des lessives pourrait également contribuer à réduire les émissions de LAS.

Bibliographie